Combien de vide reste t-il…

La victoire de la liberté sur l’esclavage n’est comparable à aucun autre triomphe sur la terre et dans les cieux.
JE PLAIDE, Mike Joseph 4 février 2017

Essai et autobiographie de Mike Joseph

Combien de victoire encore à réaliser et de vide encore à combler ?

Nous nous sommes enorgueillis d’avoir réalisé la plus grande victoire de tous les siècles depuis que l’humanité s’est reconnue comme telle. Oui nous pouvons nous l’accorder sans attendre que l’autre ou les autres le reconnaissent. La victoire de la liberté sur l’esclavage n’est comparable à aucun autre triomphe sur la terre et dans les cieux.

Le débat est ouvert au cas ou quelqu’un s’aviserait assez audacieux pour affirmer le contraire ou l’équivalent.

Je suis sur mon fauteuil, en train de scruter l’horizon trempé dans un soleil de plomb. L’ivresse que je ressens est indescriptible. Je serais consentant à passer le reste de mes jours assis comme je le suis maintenant, et mon esprit saurait faire le deuil de tout ce qui serait susceptible à ces instants de bien-être que je suis en train de vivre. Tout d’un coup, un oiseau passe devant moi et vient se poser sur les ailes branlantes d’un jeune cocotier que j’ai planté il y a quelques années. C’est l’un des premiers visiteurs, ou du moins des premiers sujets de la créature qui m’accompagnent durant ces moments d’extase indescriptible. Enchanté de son intrusion, il doit sûrement le savoir, je souris et continue ma douce réflexion sur les choses de la vie. Tout me vient à l’esprit : mon enfance piégée entre le bien-être et la jalousie des autres, ma mère qui nous aimait tellement et nous donnait tout ce que nous voulions malgré qu’elle ne savait ni lire ni écrire, mon père qui était un homme d’affaires très intelligent et qui a réussi même quand il avait de la difficulté à écrire Philipe, mes sœurs…l’une brillante à l’école mais complexée par la couleur de sa peau noire,-l’autre ma demi-sœur, crétine et fière de sa peau claire, mes oncles…l’un chauffeur de camionnette,-l’autre coiffeur, aucune tante, mes nombreux cousins que je ne vois plus, ma seule cousine qui a disparu de la circulation, mes amis d’enfance qui avaient du cœur au ventre et aimaient ma compagnie, et aussi mes ennemis d’enfance car j’en avais puisqu’ils me provoquaient toujours pour un duel où je sortais toujours perdant ; les voisins qui ne m’aimaient pas parce que j’étais gâté par mes parents, les plus âgés que moi qui prétendaient être des amis mais qui me volaient mes sous et tout ce que je recevais de mes parents. Enfin ! Ces journées qui vous laissent croire que le monde ne disparaîtra jamais.
Je continue d’écouter le chant des oiseaux et savourer ce passé qu’il ne m’arrive pas souvent de revivre quand doucement je commence à faire la transition habituelle qui me ramène à la réalité. Comment comprendre une transition qui vous tire d’une vision lointaine du passé et vous propulse dans un futur ou le passé et le présent ne font qu’un ? Eh bien voilà !
Réveillé par un choc brutal du passé, presque comme dans un rêve, j’avais devant moi le vide et je ne savais comment l’interpréter.

A suivre.