Lettres posthumes des Fondateurs et Pères de la nation haïtienne

Aux haïtiens et au reste du monde,

 

D`abord la lettre du Général Toussaint Louverture, suivie de celle de l`Empereur Jn Jacques Dessalines ; toutes les deux  rehaussées par la voix de ceux et celles qui ont parafé l`histoire d`Haïti de leurs baïonnettes, de leurs fusils et de leur sang.

Chacun en son âme et conscience a laissé sa marque indélébile sous forme d`écrit ou d`action, sans oublier la courageuse Défilé, que nous réinterprétons ici pour rééquilibrer le destin de l`homme haïtien.

 

Vu l`état déplorable dans lequel se trouve Haïti aujourd`hui, en souvenir de nos prouesses, en tant que guerriers, bâtisseurs et libérateurs d`une humanité devenue premier pays libre du tiers monde ; En fonction de notre volonté de refaire cette mémoire qui oublie; pour parachever l`œuvre incommensurable que les pourfendeurs  d`un destin inamovible ont voulu et cru détourner,  nous voici à ce grand carrefour de décisions et dispositions irascibles qui consacrera l`esprit de liberté qui nous habite.

Aux artisans de l`espoir à jamais consacré dans le cœur des haïtiens pour un pays toujours libre dont ils sont les seuls héritiers, Ci –joint les correspondances d`outre tombe des Fondateurs de la patrie commune.

 

Général Toussaint Louverture

A tous les haïtiens,

Aucun de vous n`a vraiment une idée des souffrances que j`ai endurées pour la liberté, que le commandant en chef des forces armées indigènes, l`Empereur Jean Jacques Dessalines, a honorée sur les champs de batailles jusqu`à la victoire finale de la crête à Pierrot.

En hommage à mes dernières réflexions avant de mourir dans ce cachot de Fort de Joux où je n`ai cessé de me battre jusqu`au jour de l`indépendance avant le dernier soupir,  je réécris ma dernière volonté en support à la lutte d`aujourd`hui que le peuple le plus fier du monde par ses conquêtes incessantes, par son grand amour pour la liberté et sa détermination à vivre libre ou mourir, continue de réaffirmer à travers les manifestations significatives de son état, malgré tous les avatars de l`histoire.

Aux  syro libanais et consorts venus en grande partie de tous les horizons que seule votre terre d`origine pourrait dévoiler le secret de votre fuite, vous avez fui alors que nous on nous a enchainés et déportés ; Aux mulâtres, vous  qui avez connu presque les mêmes atrocités que nous au point que vous vous êtes rangés à nos cotés pour combattre l`ennemi commun de l`époque, A nous les descendants africains que la terre d`Hispaniola n`a pas accueilli avec affection, je prête ma voix à vous tous, à nous et au destin qui a choisi le deuil encore une fois, pour continuer l`œuvre de l`indépendance d`Haïti.

Je vois venir un temps de grande souffrance si vous ne renoncez point à votre entêtement à construire des chaines pour la liberté. Allez-vous enfin, vous qui êtes encore adulés par une population naturellement docile,  vous débarrasser de vos passeports étrangers et de vos camisoles de fortune pour enfin devenir des haïtiens à part entière pendant qu`il en est encore temps, ou allez-vous commettre le suicide capital en refusant de vous associer à une conjoncture d`émancipation où tout le monde ferait le deuil de la misère en lieu et place de celui de la mort ?

La fin de l`illusion de la bamboche démocratique et de la transition trompeuse signés par les généraux a déjà longtemps sonné. Ne vous fiez plus aux amitiés d`outre-mer. Les manifestions de ce jour ne sont plus comme celles que vous avez déjà vues, elles recèlent des surprises que moi-même je ne voudrais point voir. Malheureusement, s`il faut que cela arrive, je suis déjà avec les brigadiers, quitte à mourir une deuxième fois pour libérer mes frères de l`oppression.

L`arrivée et le renvoi de plusieurs autres gouvernements sont à prévoir tant que le nouvel ordre ne garantit point la justice équitable à tous pour un minimum de bien-être matériel, social, economique et politique.

La résistance populaire n`étant pas le fruit du hasard ou de réaction oisive, elle est plutôt la conséquence de toutes ces années d`abus de confiance et de générosité, d`exploitation outrancière, de mensonges et de tromperies que, vous les plus doués, vous avez soigneusement entretenus au détriment de la majorité. En ce qui a trait aux puissants États sous lesquels Haïti essaie de se mouvoir, ils n`ont pas d`allié, aujourd`hui comme hier, que la protection de leurs intérêts immédiats. Et Dieu seul sait de quoi sont faits ces intérêts en ces jours de partage du globe. L`histoire se répète sur la terre de Thomas. Nous sommes tous pris entre l`enclume et le marteau. Et cette fois-ci, le peuple qui en a marre ne veut plus s`illusionner sur ces alliés de façade qui n`ont ni la candeur ni la pudeur de respecter leur engagement.  Les risques de chambardement total sont très élevés au point que nul ne peut prédire l`issu.

Le cas d`Haïti ne se situe plus dans la féodalité, c`est le souffle de la colonisation endogène qui a repris le dessus, et qui est dévoilée au grand jour dans un contexte de revitalisation des velléités nationales mêlées à des besoins rigides de survie. La conscience sociale est essoufflée. Et quand cela arrive ce n`est pas la guerre civile mais c`en est un parent très proche, la guerre des classes.

Si les classes dirigeantes n`arrivent pas à comprendre l`enjeu et prendre les moyens qui s`imposent, leurs jours sont comptés, et l`émergence de nouvelles élites politiques, économiques, sociales et même culturelles devient la règle, pour assurer une relève digne des aspirations de 1804.

Le moment est venu pour tous les haïtiens, surtout ceux de l`extérieure, de dire leur mot dans ce contexte vraiment historique de la réalisation d`une nouvelle Haïti. Si les plus capables hésitent à le faire, les moins capables engageront le débat, donc un retard considérable sera accusé, entrainant comme conséquence la voie subliminale en lieu et place de l`équilibre souhaité.

Comme dans toute œuvre de rédemption il faut espérer la participation de tout un chacun, une sorte de renaissance ; si tel serait le cas, espérons que tous les concernés prendront le taureau par les cornes et agissent maintenant car plus tard sera trop tard.

Rayez vos noms de cette liste des accusés, du blocage de la société haïtienne, pour que vous ne soyez point condamnés par l`histoire et contraints de quitter Haïti pour toujours. Votre  cinquième génération  sera châtiée de la mémoire collective si vous ne répondez point à cet appel de l`histoire.

Chers concitoyens, malgré tout, il est peut-être encore temps de faire le geste salvateur. Nationalisons- nous tous par des faits concrets et significatifs, en remettant au peuple haïtien sa dignité, une partie de ce que nous lui avons enlevé pendant plus de deux cents ans. Libérons la politique  de nos mains ensanglantées et pillardes.

Soyons en mesure de créer la paix dans la cité de Jean Jacques Dessalines, le grand, celui qui a élevé mon nom au lendemain des immortelles victoires de 1804.

Ecoutez la voix de la raison, agissez.

 

Général Toussaint Louverture

Au delà de ma tombe.

 

Je Plaide

26 octobre 2017

Mike Joseph