Trou de Q vs shithole, quelle est la différence

Et si l`autre avait dit : Un pays de trou de Q, serions-nous à ce point offensés comme nous le sommes maintenant ? Et quelle est la différence ?

On se demande bien souvent pourquoi les noirs, particulièrement les haïtiens comme nous, ne soient pas en mesure de faire mieux pour eux-mêmes en tant que collectivité. S`il y a réponse à cette question, elle demeure stérile parce qu`elle ne produit aucun effet, creuse pour ceux qui veulent l`ignorer, et malheureusement une plaie ouverte pour beaucoup d`entre nous. Cette souffrance à reconnaître dans le miroir collectif autant d`âmes, la mienne incluse, s`oublier  »dans une vie bête à pleurer  », j`ai bien dit collectif, ne cesse de transpercer notre existence au point qu`il semble presque malsain de continuer d`en parler. C`est le point sous zéro, loin des notes habituelles, et malgré tout nous nous complaisons, sans fourrure ni couvert, tout nu, à traverser les quatre saisons de la vie, la tête haute, comme si de rien n`était.

D`accord ! quelque part le fouet nous a tellement marqués, semble t-il que seul sous son égide nous sommes capables de prendre conscience de notre état. Donc, La liberté payée de si hautes luttes, devenue illusoire et apparente, ne suffit point  à nous enorgueillir ? Alors, puisque l`histoire est un perpétuel recommencement, préparons-nous à redevenir esclaves, et cette fois-ci nous l`aurons bien mérité.

De quel tissu est fait l`haïtien d`aujourd’hui, en comparaison aux illustres va nu pieds de vertières ? :  » Que ceux qui veulent redevenir des esclaves français sortent du fort. Que ceux, au contraire, qui veulent mourir en hommes libres se rangent autour de moi. »  » Prenez garde à vous, nègres et mulâtres, vous avez tous combattu contre les blancs; les biens que nous avons tous acquis en versant notre sang  appartiennent à nous ; j’entends qu’ils soient partagés avec équité  ».

Au point ou nous en sommes, il faut mettre le doigt dans la plaie, à savoir pourquoi accepter un tel dénuement. Parmi toutes les causes élucidées, les transferts de la diaspora devraient être largement considérés comme un couteau double tranchants. On dit que l`espoir fait vivre, cette formule presque magique autant que les jeux de hasard est la source de notre passivité. Le sentiment du devoir accompli, en utilisant le dollar comme pansement, donne l`impression que les maux sont atténués. Mais dans le fond, ce même dollar crée de la dépendance tant du côté de la population que du côté des gouvernants. Ces derniers arrivent à survivre et à gérer leur pouvoir, malgré tout, parce que le pays reçoit sans forcer plus d`un milliard de dollars sans condition. Du jamais vu chez les civilisés. En un mot, nous sommes les seuls responsables de notre incapacité à améliorer nos conditions. Si nous sommes devenus des zombis pour nous-mêmes, conscients de notre état, soyons plus ou moins attentifs et solidaires aux efforts des uns et des autres dans leurs recherches assidues de trouver des réponses au mal qui nous caractérise.

DEFI, dans cette vocation particulière, s`inscrit dans la lignée des éclaireurs et propose une nouvelle ronde de solution. Afin de respirer un peu et redonner espoir à la nation, dans un esprit de sacrifice et d`estime de soi, adressons-nous cet petit effort supplémentaire :

a) Dans une première catégorie, Tout un chacun devrait s`affilier au groupe auquel il se sent appartenir, pour joindre l`utile à l`agréable,

b) Dans une deuxième catégorie, tout un chacun pourrait faire partie d`un groupe restreint et promouvoir ou supporter des efforts jugés exceptionnels.

c) Troisièmement, tout un chacun devrait intégrer une organisation qui oeuvre pour la réalisation d`un mieux être collectif.

Voici la formule que nous estimons apte et simple en termes de participation, qui également équivaut à ce sentiment de devoir accompli qui nous est si chère. Nous rêvons tous de jours meilleurs pour Haïti, de grâce ! mettons-nous au travail.

 

Je Plaide

29 mars 2018

Mike Joseph