La justice et le droit jugés ennemis d’Haïti

 

 

 

 

Où sont-ils, la femme aux yeux bandés et l`homme aux muscles d`acier`?

Ils ont tous les deux disparus et sont déclarés ennemis communs de la République d`Haïti.

 

Commençons par établir un parallèle.

D’un coté, la liberté et l’esclavage qui sont une thèse et une antithèse; et d’un autre, le droit et la justice qui sont deux thèses de la même famille mais qui s’obstinent en tant que frère et sœur à défier les lois de sang, dans une société qui en a tant versé au point où il ne lui en reste pas beaucoup pour garder ses sujets en vie.

Entre les juges, les avocats de la défense et de la poursuite, le jury, les témoins et les accusés, il n’existe aucun lieu de partage d’un équilibre vertueux. La soif individuelle de gagner coûte que coûte, étant inexorablement plus forte que celle du devoir envers le collectif, transforme la société en zoo où deux règnes se croisent et produisent des spécimens de nature contradictoire. Le règne humain, heureusement encore en majorité, et celui du hyène, malheureusement insuffisamment contesté et en majorité, dans une logique de rapport inaccoutumé se regardent dans les yeux et partagent le même lit. Dans cette jungle infernale, où le loup garde son allure et que le roi ainsi que ses sujets sont du côté des plus forts, la plupart du temps il n’existe aucun recours pour l’agneau de trouver un refuge et garantir sa survie. Le droit et la justice tels qu’appliqués, ignorant toute requête ayant pour option de reconnaître l`identité humaine de cette majorité, se vocalisent comme le font les sociétés normalisées, humanisées, mais, sous le boisseau, opèrent en bourreaux toujours aux dépens et au service de la loi. Entendons-nous ici, que cette loi déguisée en Droit, s`est travestie et a pour vraie nature celle de la jungle.

La cause de cette déviation à ce point obscène, est-elle de nature propre ou figurée? Puisque le constat et le jugement se font sous un angle humain, adoptons le réflexe juste et considérons le figuré par instinct de survie. Nous ne voudrions pas nous anéantir dans des considérations jugées propres pour le triomphe d`une vérité inaccessible.

Au point où sont les choses, les principes fondamentaux de la pyramide se trouvent adaptés, et ne sauraient perdre de leur efficacité au profit d’un exercice aléatoire dont le résultat ne sera qu’hypothèse au grand dommage du rationnel. Pour nous, la base de la pyramide représente la société civile, et le reste représente un tiers du sommet de cette même pyramide, qui équivaut à l’État et ses partenaires d’intérêt oligarchique.

A travers une organisation sérieuse comme DÉFI, le travail de revalorisation des valeurs fondamentales de l’existence humaine tranche avec le principe actif de dévalorisation et d’abêtissement dans lequel tout le sociétal est plongé. Une prise en charge de tous les secteurs, des plus pauvres au plus riches, en termes de rééquilibre et de réorientation politique, économique et morale, s’impose quelque soit le pouvoir d’un dit secteur. De droit, même un seul parmi nous doit encourir le risque de mettre en évidence le besoin de sauver ce qui reste à sauver. Il n’est plus acceptable de côtoyer le monde avec le costume que nous portons. Mieux vaut se promener en bikini, puisque nous sommes déjà une république bananière, tant mieux, acceptons-le avec dignité mais au moins ayons le sourire franc, car cela indique que nous avons la tête sur les épaules.

Nous demeurons convaincus que la seule chance pour Haiti de sortir de cette tanière, c`est de se refaire à partir d`une société civile forte.  La politique d`Etat, telle que structurée par les sbires de l`Internationale et de cette oligarchie, ne laissera jamais tomber son monopole aux mains de politiciens patriotes et intègres quelque soit leur discours. Notre engagement à nous, c`est de vous voir impliqués massivement, en renversant le train de l’obsession politique, au sens traditionnel dans lequel nous sommes tous embarqués; point clé pour les ennemis de l`émancipation d`Haïti qui finira par changer de direction sous la volonté et le travail de ses citoyens.

Si le pays est ce qu’il est, nous sommes au moins tous coupables autant que ses fossoyeurs de ne pas tenter l’impossible pour le rétablir. Il n’est pas nécessaire de croire à un futur ou une existence parfaits mais il faut tout au moins se donner le droit à la réalisation des deux.

Le travail est énorme parce qu’il manque un seul bras, le vôtre.

 

Je Plaide

10 février 2018

Mike Joseph