Notre plus grand défi…

Le plus grand défi d`Haïti, au nom de toute la race, c`est la réalisation de l`homme haïtien.

De l`enfant au berceau jusqu`au vieillard de cent quinze ans, c`est l`esclave au front, qui bouge et qui sourit. Toujours à la recherche du moi, contesté et enchaîné dans un rêve oublieux, le sujet haïtien se dilue et suit son maître à chaque regard. Celui qui en échappe devient la proie des autres qui se prennent pour des tigres alors qu`ils sont des chats. A la moindre caresse, d`un peu de viande grasse ils se battent pour avoir le plus gros des morceaux. Le reste importe peu quand le ventre est rempli, et même là encore cela dépend de dieu. Dans de telles conditions que peut-on espérer, après autant d`effort de la part des vrais tigres à libérer leurs frères sur fond de ressemblance. Le regard face à face nous fait souvent rougir, tellement la ressemblance se rapporte à des taches, marque de naissance commune à notre espèce. Mais en regardant la queue l`ombre de l`autre nous effraie, et nous partons en fût saoulés par la frayeur, de perdre le prochain cru, la prochaine victuaille. Un jour viendra sûrement, comme le veut le dessein, comme l`avait voulu un certain papa Doc, l`un de nous dira bien assez de viande pourrie qui nous fait voir du bleu ; donnons un peu de sang à l`image du drapeau, pour rehausser l`histoire dans le temps décousue.

Et si on essayait la formule du passé, la formule du tyran qui s`est fait bien des ennemis mais avait établi une grande autorité, celle qui nous fait défaut,  autrefois au parvis de la fière république ? Semble t-il que le chat a toujours peur du tigre quand ce dernier est présent, qu`à l`unisson nous marchons et crions, toujours le regard branché dans une seule direction  » Brigadié à laso, sà ki mouri zafè à yo  ». Avons-nous le courage de refaire cette partie ? Elle a fait plusieurs morts mais c`était la seule époque où le nègre haïtien possédait sa patrie. Ambassadeur étoile, Ambassadeur du Pape, une fois que vous ayez dépassé vos limites un Boeing vous attend, et vous êtes déclaré persona non grata, adieu à la prochaine. N`oublions pas, mesdames, messieurs les juges, qu`un chat qui se gonfle les muscles et défend son patelin, garde bien loin et fraudeurs et consorts. N`est-ce pas l`effort à faire, n`est-ce pas le risque à prendre ? De toutes les façons, au point où nous en sommes, le jeu vaut la chandelle. Sinon ce n`est plus la peine de parler de pays, ouvrons toutes les frontières, déclarons l`île fendue. Buvons comme Double Rhum et Miky le héros, vous vous en souvenez ? pour faire croire que nous sommes le nouveau Nevada, terrain de l`exploit au rythme de l`aventure. Au moins nous aurions une histoire à raconter aux jeunes qui ne veulent plus souffrir de tant de lassitude.

Une idée de l`homme haïtien il n`y a pas si longtemps, lorsqu`un vrai leader, aimé ou pas ce n`est pas là la question, savait prendre en charge tout le destin d`une société. Il a commis des erreurs très graves, nous n`en disconvenons pas, comme tous les chefs d`Etat, mais il a à son actif un passé magistral où la société avait une conduite. Aujourd`hui, personne n`est responsable de rien en Haiti. Même les autorités. Se faire tuer par un macoute qui avait un chef suprême, ou se faire tuer par un vagabond qui ne dépend de personne, on peut faire la différence au moins parce qu`il n`y avait au fond qu`un seul chef : Le Docteur François Duvalier.

Nous ne sommes pas là pour apprécier ou dénigrer l`homme en question et sa politique. Le but de notre référence, c`est de mettre en valeur une idéologie, quoique défectueuse, qui voulait conserver l`identité haïtienne à partir d`un principe souverain. N`en déplaise aux nombreuses victimes de François Duvalier et de ses sbires, ici nous écartons le spectre de Baby doc mais gardons la continuité du régime à travers lui. Il est opportun de souligner par le discours les aspirations palpables du père, en parlant du drapeau haïtien qu`il reconvertit selon son admiration pour l`un de ses prédécesseurs :

Discours de Francois Duvalier

Je jure devant Dieu et devant la nation.

d’en être le gardien intraitable et farouche.

Qu’il flotte désormais dans l’azur.pour rappeler à tous les Haïtiens
les prouesses de nos sublimes martyrs.

de la Crête à Pierrot, de la Butte Charrier et de Vertières
qui se sont immortalisés, sous les boulets et la mitraille,
pour nous créer une patrie, où le nègre haitien, se sent réellement souverain et libre.

160;
I swear before God and my nation.

Where our proud flag has to always be at the avant guard.

May it continue to wave in the sky as a reminder to all Haitians

The superior strength and courage of our sublime martyrs, of the Crete a Pierrot, of the Butte Charier and of Vertières

which achieved immortality, under cannonballs and hail of bullets,
to create and to leave us our dear mother Haiti, where the Haitian Negro can indeed feel sovereign and free

 

Je Plaide

15 avril 2018

Mike Joseph