Le temps des sacrifices et de la négritude

Selon Aimé Césaire, la négritude signifie le vécu nègre :

« La Négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture. »
Aimé Césaire – 1913-2008 – Liberté 3

« C’est une attitude et une méthode, encore une fois, un esprit, qui, significativement, fait moins la synthèse que la symbiose de la modernité et de la négrité. Je dis « négrité » et non négritude puisqu’il s’agit de l’esprit nègre plutôt que du vécu nègre. »
Léopold Sédar Senghor – 1906-2001 – Ethiopiques n°11, 1977

 

 » Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »Toute une litanie! Très bien! Et puis! c`est tout ?

La nature ne se serait jamais accommodée avec autant d`injustice si nous n`étions les principaux responsables de nos propres malheurs.

Des noirs comme vous et moi, nous existerons toujours ; les autres de la même race mais prétendent appartenir à une autre sur une base de couleur, eux aussi ils existeront toujours tant que la nature le voudra. En fait depuis trop longtemps, tous les prétextes sont utilisés pour nous tenir divisés, nous les humains. Toujours la même rengaine, la couleur, la couleur, la couleur ! N`est-il pas temps de reconnaître que cette division porte en elle le germe radical de l`intolérance des uns par rapport à l`inconsistance  des autres ? Ne serait-il pas concevable et impérial de se défaire de ces liens absurdes qui nous caractérisent et nous unissent à  ces gens qui n`ont aucun respect pour celui qui nous a tous créés ? De ce fossé immense où le noir est tenu redevable aux autres, ce lieu de répugnance par coup de grâce répétitif, pour le bonheur de tous il ne nous reste qu`a creuser jusqu`au fond de l`abîme et tenir loin de nous les autres. Si la civilisation était ce qui nous est prescrit, la première puissance du monde aurait dû préserver les acquis et promouvoir les conquêtes pour le bénéfice de l`humanité.

Avons-nous besoin de vivre avec ceux qui ne nous aiment pas ?

 

En ce qui nous concerne, nous les haïtiens, La bienséance invite à comprendre et rationaliser notre savoir.

Si nous sommes conscients de la valeur d`une prière, de ce pardonne-nous nos offenses, il nous est aussi réclamé des notions élémentaires dont la parité avec celle-ci devrait donner des résultats tangibles.

De toutes ces notions, Il serait de bon ton de parler de circonstances particulières vu le régime inhumain, social, politique et économique dans lequel nous sommes noyés. Quelles sont nos offenses en ces termes, et que devons-nous pardonner à ceux qui nous offensent ?

De l`un des propos identitaires qui se trouvent dans le magazine que voici, il est clairement exprimé l`inquiétude qui exalte lorsqu`un homme n`arrive pas à faire face à ses responsabilités. Ce propos est celui-ci : La plus grande faiblesse d`un homme, c`est de se mentir à lui-même.

Dans notre imaginaire, en fait, quel serait l`équivalent de ce que nous avons commis comme offenses pour mériter cette violence et ce mépris des autorités du monde et de notre propre monde ? Depuis quand est-ce que tout un peuple est-il coupable de génocide et d`extermination, envers lui-même ( le génocide étant pour nous une combinaison de plusieurs facteurs, délibérément conçus et nourris, au détriment d`une société, sur le court ou le long terme ) ?

La grande famille haïtienne, cherche t-elle à vivre ou demeurer éternellement dans la mendicité, la dépendance, l`iniquité et la misère  ?

En gros, le bilan de travail qu`affiche l`Etat haïtien face à ses sujets reflète et donne lecture d`un Etat parasite, menteur, profiteur, incapable de donner des résultats depuis plus de deux siècles. Les actuelles autorités portent tout le fardeau de l`iniquité, parce qu`elles n`ont pas le courage de dire la vérité, toute la vérité, sur les plaies qui rongent notre société. Il ne suffit pas de se plaindre pour obtenir la grâce et le pardon. Il faut dans de telles circonstances avoir le courage de démissionner quand on n`a pas les moyens de respecter son engagement. La nation serait reconnaissante envers ses fils et filles si au moins ils pouvaient lui indiquer la voie à suivre pour sortir de ce pétrin.

Je Plaide

02 avril 2018

Mike Joseph

 

English version

According to Aimé Césaire, the negritude means the lived nigger:

« The negritude is the simple recognition of the fact to be black, and the acceptance of this fact, our destiny of Black, our history and our culture. »
Aimé Césaire – 1913-2008 – Freedom 3

« It is an attitude and a method, once again, a spirit which, significantly, made less the synthesis that the symbiosis of the Modernity and the négrité. I say « négrité » and not Negritude as it is of the Spirit nigger rather than of the lived nigger. »
Léopold Sédar Senghor – 1906-2001 – Ethiopiques n°11, 1977

 » and forgive us our trespasses as we forgive those who trespass against us. » a litany! Very well! And then! That is all?

The nature would never have accommodated with as much of injustice if we were the main responsible for our own misfortunes.

Of blacks like you and me, we will exist always ; the other of the same race but claim to belong to another on the basis of color, they too will always exist as long as the nature wants. In fact since too long, all pretexts are used to keep us divided, we humans. Always the same old story, the color, the color, the color! Is it not time to recognize that this division door in it the germ of radical intolerance of each in relation to the inconsistency of the other? Would it not conceivable and Imperial to get rid of these links absurd that we characterize and unite us to these people who have no respect for the one who created us all? Of this huge gap where black is held liable to the other, this place of reluctance by coup de grace repetitive, for the happiness of all it remains only for us to dig up at the bottom of the abyss and take away from us the other. If the civilization was what we is prescribed, the first power in the world would have had to preserve the acquis and promote the achievements for the benefit of humanity.

Do we need to live with those who do not like us?

As far as we are concerned, we Haitians, the decency invites to understand and streamline our knowledge.

If we are aware of the value of a prayer, this Forgive us our trespasses, it is also claimed the elementary notions which the parity with the latter should give tangible results.

All of these concepts, it would be good to talk about the particular circumstances in view of the inhuman system, social, political and economic environment in which we are drowned. What are our trespasses in these terms, and what do we need to forgive those who offend against us?

One of about identity crises that are located in the magazine that behold, it is clearly expressed the concern that exalts when a man is unable to face its responsibilities. This connection is the following: The greatest weakness of a man, it is lying to itself.

In our imaginary, in fact, what would be the equivalent of what we have committed as trespasses to earn this violence and this contempt of the authorities of the world and of our own world? Since when is it that an entire people is it guilty of genocide and extermination, toward itself ( the genocide being for us a combination of several factors, deliberately designed and fed, to the detriment of a society, on the short or the long term ) ?

The great family Haitian, seeks t it to live or stay forever in begging, dependency, the unfairness and the misery?

By and large, the balance sheet of work that displays the Haitian State to face its subjects reflects and read of a state interference, Liar, profiteer, unable to give the results for more than two centuries. The current authorities are all the burden of the iniquity, because they do not have the courage to tell the truth, the whole truth, on the wounds which gnaw away at our society. It is not enough to complain to obtain the grace and forgiveness. It must be in such circumstances have the courage to resign when we do not have the means to meet its commitment. The nation would be grateful to its sons and daughters if at least they could indicate to him the way to follow to get out of this mess.

I plead

30 April 2018

Mike Joseph