Semble t-il que la dictature serait toujours préférable à la guerre civile

 

Le goût amer laissé par la dernière dictature serait-il plus âcre que ce que nous vivons ces derniers temps ? La déconfiture de notre société invite à reconsidérer nos choix surtout pour éviter ce qui se pointe à l`horizon. Faisons un dernier effort, une autre tentative ; un peu moins de sensiblerie pour enfin réaliser quelque chose de potable. Bien entendu, nous voulons parler de la dictature des lois.

Quelle est l`instance toute désignée, prédestinée à mettre en lumière le besoin de réaliser cet équilibre que nous attendons tous ? En l`absence des forces armées d`Haïti qui avaient la mission de refaire la politique, quelle autre entité nationale aurait l`autorité de mettre au pas les adversaires d`un renouveau politique ? L`Assemblée nationale n`est elle pas une structure ayant toutes les prérogatives, une fois rassemblée, de se muter en urgence au grade de haute cour de justice et ainsi délivrer le pays de ses détracteurs ?

Il est plus que temps de réaliser la  » Grande conférence nationale  » de haut niveau. Elle devrait être parmi les mesures articulées à adopter qui garantiraient une poussée vers l`équilibre politique. Une fois que cette décision serait prise par les élus du peuple, le reste…n`est que menu fretin. Aucun gouvernement de paille comme celui que nous avons ne pourrait résister à une telle envolée, à un réveil aussi puissant de la part des deux chambres réunies en autorité suprême. Mais faudrait-il bien que la conférence nationale, en exercice régulier basé sur une période de cinq années récurrentes, autant que le mandat en durée du chef de l`Etat, accepte de placer dans son agenda le passage obligé de cette résolution, à savoir le renouvellement périodique de cette haute cour de justice une année avant les élections générales, et qu`en retour les élus lui renvoie l`ascenseur pour l`établissement d`un gouvernement de salut publique ayant pour mission d`organiser des élections par le biais d`un conseil électoral permanent.

Si ces dispositions ne sont pas prises en urgence, nous allons déboucher sur un branle-bas qui ne serait pas très différent d`une guerre civile.

les cloisons étanches entre les couches défavorisées, la classe moyenne, les nantis, les pauvres et les riches, finiront par sauter, péter et créer une folle déstabilisation de toute la société haïtienne. Si les bonnes décisions ne sont pas prise dans un avenir pas trop lointain, les éternels ennemis du peuple haïtien,  réussiront par provoquer cette fin de nature, la guerre civile, que nous n`avons cessé de repousser dans notre conscience de peuple libre. En tant que premiers des noirs en terme de liberté, les haïtiens sont naturellement opposés à toute idée de guerre civile. Une notion fondamentale qui est née avec l`esprit de l`indépendance aujourd`hui ravalé au rang de chimère.

Pour éviter cette guerre civile programmée, il faut préétablir, rétablir et renforcer la dictature des lois par une autorité nationale constante, au moins pour les trente prochaines années, issue de l`assemblée nationale, structure déjà existante, dénommée haute cour de justice.

Agissons maintenant, car plus tard il sera trop tard.

 

Je Plaide

08 juin 2018

Mike Joseph