Je n`écris point pour la gloire, mais pour l`histoire

Aux parents qui n`ont pas eu la chance de vivre avec leurs enfants ; aux enfants qui n`ont pas connu le bonheur de vivre entre deux cœurs amoureux, écartelés par le destin.

Aux enfants, à mes enfants qui se posent encore tant de questions sur les absences de leur père. Souvent, entre deux maux il faut choisir le moindre. Mieux vaut continuer une absence et éviter des remous, qu`en voulant réparer des torts on s`enfonce dans l`abîme. L`heure viendra où même pour un instant, tout l`amour conservé fera son oeuvre magistrale.

Ma plume n`est que cillement, ceinture ; un arc-en-ciel qui change et interpose ses couleurs au gré des saisons. Ma foi ! que de souffrances inutiles!  » Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait  ». Cette vie, comme un bateau qui vogue, oublie son point de départ et perd le nord ; ces hommes qui se cherchent dans ces labyrinthes, entre le moment qu`ils ont laissé le placenta et ceux qui leur donnent l`occasion aveugle de revoir les matrices d`une femme sans atteindre les ovaires ; ces mères qui témoignent dans leur cri leur sentiment de jeunesse torpillée et de détresse silencieuse ; tout un orage perpétuel que cueillent les enfants dans une fuite entre la rage, l`amour, l`impuissance et la désolation. J`accepte le titre de perdant et de coupable, mais jamais celui de véreux car je ne connais point le tiers qui s`est approprié la lanterne de notre chemin.

Vers l`oublie sans issue, on essaie de se pardonner mais le savoir nous manque quand brusquement la mémoire refait surface ; on s`aime de loin mais la peur du passé s`installe avec son masque hideux où les pleurs se mélangent au regret et à l`envie de tout effacer dans les bras d`Éros et de Morphée.

Faisons un petit saut vers cette chanson que j`ai écrite, pour toi qui n`a pas pu te rendre plus loin dans ma vie comme tu l`aurais peut-être voulu, ou pour moi qui ne me suis pas posé sur la tienne avec l`élégance de l`homme ou du père idéal :

Si j`avais le cœur des dieux

Si j`avais le cœur des dieux

je laisserais une partie de mon corps, de mon cœur

à chacune des femmes que j`ai connues.

A celles qui m`ont aimé

alors que je ne savais quoi faire de leur amour,

A celles qui m`ont trompé parce que le choix était trop grand:

les blondes, les brunes, les mulâtresses,

les noires, les marabouts aux allures complexes et séduisantes,

je vous adore toutes, malgré mon cœur meurtri.

Je vous aime encore, encore et encore,

autant que j`ai savouré les seins, les rondeurs,

les vierges et leur passion, enfin, les bravoures de la féminité.

A toi qui m`a donné un fils,

une fille, et/ou peut-être le rejeton d`un copain,

je fais don de mon cœur.

Ce cœur perdu dans la mêlée,

te ramène les souvenirs de ton anneau de quinze ans.

Un ancien amour est souvent un meilleur copain tu sais.

Je te ferai vivre la sagesse du temps.

J`ai parlé de nous deux à l`un de mes amis, ou du moins à l`un de nos amis – il m`a dit qu`aujourd’hui tu penses encore à nous;

à verser des larmes que tu n`arrives plus à sécher.

Ainsi j`ai compris, que la femme ne hait point.

Ton être sensible trop longtemps abusé, appelle t-il l`indulgence de la raison mâle, ou la gloire de ton sexe?

ne vaut-il pas mieux que je sache?

sinon notre histoire est perdue à jamais.

Je te parlerai de ces moments passés sans toi,

de cette sérénité qui me comble, et je sais que tu n`as pas oublié. Et oui !  je sais que tu n`as pas oublié.

 

Je Plaide

14 juin 2018

Mike Joseph