Du nord au sud, de l’est à l’ouest Haïti se consume

Du nord au sud, de l’est à l’ouest Haïti se consume.

Cette torche vivante qu’est devenu chaque haïtien, placée dans son esprit et dans sa main, elle éclaire la route qu’il doit suivre et indique en même temps aux aigles son point d’accoutrement chaque fois qu’il bouge, même quand il dort.
Des mains libres on se donne les consignes, qui ne sont pas de confort comme tant on le voudrait. De celles qui le sont on propose et dispose, de gauche à droite elles serrent, mais se serrent à l’envers.
La cire de cette torche étalée tout autour, engourdi jusqu’au bras, et la main, et la vue. Sans l’aide de Spartacus, légende ou mystère, aucun de nous ne peut se sortir du brasier.
Il reviendra quand même à ce grand rendez-vous, moins long que celui du messie sur qui il faut compter, qu’on attend le retour sauveur d’humanité. Cette route est longue, remplie d’épines et de ronces, comme jadis, en forcenés nous la traverserons par relais jusqu’au bout. Les larmes que nous versons atténuent nos douleurs quand elles touchent nos torses ouvertes et debrayées, boucliers invincibles et vainqueurs contre toutes les avaries. Haiti est belle et convoitée. Elle nous a choisis pour remplacer ses fils et ses filles décimés(es) par un dieu qui s’appelait Christophe et ses colistiers impériaux. Nous les avons tous combattus à tribord et à bâbord, sur la niña, la pinta et la Santa Maria; ainsi que dans les mornes et les vallées. ils seront encore et toujours vaincus de quelque flotte qu’ils soient. Mettons-nous à l’ouvrage à présent qu’il le faut, les muscles plus aguérris des vertèbres cervicales supporteront encore une fois ce destin mal foutu.
Je Plaide
17 juillet 2018
Mike Joseph