PETROCARIBE le procès du siècle ; tombeau des pharaons

PetroCaribe

le tombeau des pharaons.

 

Avec ce procès, Haïti reprendrait sa place dans le livre des nations; sans ce procès, elle continue de s’enliser dans la honte et l’ignominie pour s’engloutir dans la mer noire où les peuples avilis disparaissent.

Quand les premiers citoyens du pays n’ont aucun souci de la magnitude d’un tel scandale, de ce vol écœurant, et de la corruption à toute épreuve, ils s’accusent d’emblée d’être chacun en son temps le gardien des secrets de l’enfer et, par défaut, dépositaire et héritier de la boîte de pandore.

Le dernier président encore en fonction, malgré tout, a cité parmi les plus grands maux d’Haïti la corruption comme urgence des urgences, et disait tout récemment qu`elle être urgemment combattue. Répétée cinq fois régulièrement, dans ses discours de baptême et de parcours, le nom de cette dame à la culotte baissée représentait au début pour ce païen de l`époque, Marie Madeleine la pécheresse. Apparemment  elle était le pion à jouer pour établir sa crédibilité. C`était pour lui une préoccupation, sans nul doute dictée par des partenaires plus ou moins désireux de voir Haïti se lancer sur les rails d’une économie comparable. Mais à mesure que les jours passent, on s’est aperçu que les choses ne se passent pas comme il le laissait entendre. Quand il s`est rendu compte que lui aussi il est plongé jusqu’au coup dans cette corruption, à cause de la dette politique, les faveurs matérielles et financières envers ceux qui l’ont propulsé à la tête de l’État, là ! il s`est transformé sans difficulté en pèlerin, au volant de sa caravane, comme s`il voulait se débarrasser de présences trop lourdes au palais national.

L’engagement pris avec des secteurs mafieux, sûrement il ne savait pas vraiment avec qui il avait affaire, trop tard pour réfléchir deux fois dans de telles situations, ne lui laisse aucun choix que de jouer le jeu jusqu’au bout. D’audace et de pétrin, il se bat comme le diable dans un bénitier afin de ménager la chèvre et le choux, pour lui et son maître.

Parler de corruption comme un livre, en début de mandat, et agir en sourd-muet ensuite; s’asseoir dessus en plus empêchant à qui que ce soit d’y toucher, révèle de trop de compétence, effrontée, et éclaire sur la dimension machiavélique du premier citoyen d’Haïti, et surtout sur son niveau d’implication dans le dossier. De celui qui en a parlé avec tant d’intérêt et de poigne, à ce sourd-muet en caravane et partout, à ce propos, et que depuis rien ne va plus sur le sujet; il faut croire que nous sommes en face d’un homme qui est pire que son patron, même quand il a été sans doute soudoyé par ce dernier et refuse désormais  de trop en parler. C’est sûrement par la suite qu’il s’est rendu compte de quoi il en retourne, sans qu`il ne soit pas exclu qu`il aurait du se poser des questions sur la générosité de ses bienfaiteurs.

Ce n’est pas un hasard que cet homme malgré son allure dérisoire soit arrivé à cette hauteur. Les caractéristiques visibles de sa posture ne représentent pas grand-chose comparées à celles que nous ne voyons pas. Le tournoiement de ses billes oculaires et de ses pupilles est l’expression de ce qui se trouve dans son for intérieur et de ses pouvoirs réels. Quand il lui arrive d’étouffer la vérité, c’est par le mensonge doublement maquillé qu’il le fait. Et il le fait avec tellement d’audace qu’il devrait être élu, cette fois-ci pour de bon, s’il arrive à duper autant ses bourreaux qu’il l’a fait avec plus d’un. Corruption, corruption, corruption, corruption, corruption, cinq fois, et rien pour Petrocaribe. Quelle audace ! quelle armure !

Tant que ce sosie, cette doublure, sera au timon des affaires et dans les parages, il sera de plus en plus évident que le procès Petrocaribe ne se fera pas de sitôt. Une fois de plus, il nous est révélé pourquoi les enquêtes se poursuivent toujours en Haiti. Ceux qui sont responsables de forfait sont récupérés, intégrés et protégés par un système de complices qui obstruent la justice pour que jamais elle ne se libère de leurs étreintes.

Après le procès des timbres en Haiti en 1975, quoique Petrocaribe dépasse de plusieurs lunes ce dit procès, il est aussi, et de loin, le plus juteux scandale du siècle sur le plan national et international.

Le monde regarde et attend de voir ce qui va se passer, et s’apprête à nous classer une fois pour toutes selon l’usage que nous ferons de ce dossier.

Il y a lieu de croire que les dés sont jetés pour un changement radical du système actuel. Même les acteurs de cette longue et macabre mise en scène se voudraient partie prenante d`un autre système qui leur garantirait une certaine amnistie. Et pourquoi pas ?  A condition qu`ils disposent de leurs arsenaux meurtriers et se livrent à la justice, sous promesse qu`ils seront traités avec équité.

Même de façon symbolique il faut faire le procès de Petrocaribe. Si les moyens nous manquent pour condamner les coupables, au moins nous aurons prouvé que ce n’est ni le bon sens ni la volonté qui font défaut, question de  » chromosome  », c’est le rapport de force qui n’agit pas en notre faveur.

Je Plaide

08 août 2018

Mike Joseph