Pourquoi n`ont-ils pas tout simplement éliminé Jean Bertrand Aristide ?

Est-ce parce qu`il est vraiment un  prêtre doué de pouvoirs exceptionnels et surnaturels comme le veut la clameur publique, ou parce que son heure n`est pas encore arrivée ?

De tous les présidents haïtiens qui ont défié les insolences, on peut les compter sur les doigts d`une main, Aristide est, parait-il, le plus radical, et malgré tout encore vivant. On peut lui reprocher tout ce qu`on veut mais il faut reconnaître qu`il est l`un des rares leaders noirs à prendre conscience que leur peuple ne peut être subordonné ou sujet à quelconque intermédiaire d`obédience raciste. Faute de support international et national, au contraire assez corsé pour lui enlever son charisme, il a fini par se la fermer ; sans doute aussi, par des avis persistants et menaçants, de toute part, comptant sur le voisin de l`autre coté de la frontière. Pourra t-il un jour revenir, plus ou moins fort, avec la même détermination ? Dieu seul et lui le savent. Car jusqu`à présent l`homme est écarté mais sa mission ne l`est pas. Il a réussi à inculquer à son peuple une certaine identité de révolte, chimérique et lavalasienne, qui continue de faire oeuvre qui vaille. A vrai dire, quiconque n`aime pas Jean Bertrand Aristide, surtout à cause de son extrémisme et ses décisions anti oligarchiques, devrait justifier sa position en dehors du cadre superstitieux et socio culturel de notre société sous l`emprise des classes possédantes haïtiennes. Sources de division plus que bicentenaire, elles seront toujours là pour défendre les intérêts colonialistes, parce que ceux-ci leur garanti une prédominance qu`ils n`auraient pu contenir autrement. Dans cette photo de Jean Bertrand Aristide à côté de Nelson Mandela, il est suggéré qu`il a reçu la bénédiction de ce dernier, une sorte de complicité cachottière venant des cellules froides du cerveau.

D`abord son admiration pour les grands ; les difficultés de l`heure ; Son impuissance constatée.

      

Qui n`a pas commis de faute !

Il a été plus loin que tous les autres. Sa souffrance doit être beaucoup plus fielleuse que presque tous ses prédécesseurs,, exceptés peut-être nos libérateurs de l`époque indescriptible d`avant l`indépendance. La chute de Jean Bertrand Aristide est une perte colossale et une déception tragique  pour les bossales d`Haïti. On se souvient des moments de transe provoqués par sa voix et ses apparitions autant en Haïti que dans la diaspora. N`ayons pas peur de l`avouer, ce fils du terroir, ange ou démon, est/était de la catégorie des légendes haïtiennes. Comme c`est le cas pour Boukman, traité de va-nu-pieds et oublié dans l`histoire. Combien chanceux serions-nous si Boukman pouvait revenir aujourd`hui au front, pour conduire les avancées là où elles s`arrêtent ? Peut-être que si nous n`étions pas truqués comme nous le sommes, ils seraient tous revenus, vivants et morts, pour continuer la lutte vers l`émancipation et la liberté promise.

Nous les amoureux de la liberté, plus déterminés que jamais à souscrire à l`histoire dans la forme et dans le fond, mettant au DEFI quiconque voudrait nous assujettir au déni de ce présent scandaleux et orphelin de grandeur patriotique, nous n`avons peut-être pas les moyens de convoquer les morts, mais faisons appel aux vivants pour qu`ils se retrouvent avec nous tous, autour de la table de la Grande Conférence Nationale Haïtienne. Nous, du coté de DEFI, nous prendrons l’habitude de nous écarter des inconsistants de la politique et, malgré le prix à payer face à la déformation sociale des composantes haïtiennes, jurons de dire ce que nous croyons être tangible et utile, pour que la lutte soit toujours en faveur des déshérités et des nationalistes de tous les temps.

En petit ou en grand nombre, soyons considérablement des verticaux, représentant un DEFI toujours vertical et aussi radical que le dernier de nos malheureux chefs d’ Etat.!

 

Je Plaide

21 septembre 2018

Mike Joseph