Qui finiront par réincarner Boukman Dutty et Papa Dessalines ?

 » Ce que le peuple veut, Dieu le veut. « 

Ce que fait l`Etat, que Dieu le veuille. (dixit Mike Joseph)

Serait-il illusoire de croire possible la résurrection de la société haïtienne à travers l`esprit et l`Aura de l`ex Empereur d`Haïti ? Sommes-nous prêts ou préparés pour une telle résurrection ?

Commençons par le lieu où tout a commencé : le Bois Caïman.

Il était une fois…des hommes, des femmes et des enfants, capturés et vendus depuis l`Afrique par leurs pairs, traînés vers les caraïbes et un peu partout par des anges du diable, ils ont enfin trouvé le moyen, particulièrement ceux et celles qui avaient été plantés sur l`Île des Taïnos, de se libérer de cette infamie et se déclarer enfin maîtres de leur destin. Libres à jamais dans leur déclaration d`indépendance, après de sanglantes batailles, ils ont fini par créer une nation qui désormais s`appelle Haïti. Mais à quel moment de toute cette invraisemblable histoire, ont-ils réussi à tisser la toile qui finira par remettre en cause leur situation d`esclavage ?

Après tant de souffrance, rien de comparable à nos jours c`est vrai, un homme du nom de Boukman Dutty, ougan de profession, a trouvé les moyens de réunir les plus radicaux d`entre tous en un lieu incontestablement sacré, le Bois caïman, et ils ont tous juré de mettre fin à l`esclavage. Chose dite, chose faite.

Entre temps, malgré un document officiel réalisé au prix de grands sacrifices, avec des baïonnettes pour plumes, du sang pour ancre, et les crânes des colons pour écritoire ; les vaincus ont trouvé le moyen de contenir le succès des vainqueurs,le transformer et remettre cette fois-ci des chaines adroitement conçues dans le cerveau des affranchis. Dès lors, plus de deux cents ans après, cette nation, la nation haïtienne lutte comme le diable dans un bénitier pour s`en débarrasser. Le subterfuge employé par les colons est tellement fort et audacieux, qu`ils sont arrivés à déprogrammer le cerveau africain qui habitait l`ensemble des révoltés. Pour eux, les colons, ces abrutis devenus libres ne le seront jamais en fait, parce qu`ils sont destinés à servir pour leur fantasme et simple complaisance ou intérêt mesquin. Comportement tout à fait indigne et inhumain de la part d`une soit disant civilisation. Pourquoi est-ce que les hommes ont-ils tant besoin de détruire même ceux qui les ressemblent ? Est-ce qu`un jour nous finirons par trouver le chemin de l`Esprit ?

Depuis si longtemps, en mémoire des prouesses de libération, la nation haïtienne se cherche un Boukman et un Dessalines, qui n`arrivent qu`à moitié, tandis que l`autre moitié est toujours noyée dans l`inconsistance. Quelques noms pourraient être cités, mais faute de suivi dans leurs réalisations ils sont vite écartés comme héros nationaux.

Vu l`ampleur de la désintégration haïtienne sur le plan esthétique et moral, culturel et social, économique et politique, à bout de souffle nous devons réinventer Boukman et Dessalines, s`il n`y a pas moyen par la cabalistique de les ramener à la vie. Sans aucun doute ils répondront à l`appel, et l`histoire malheureusement « éternel recommencement » fera son chemin jusqu`a marquer de trait rouge, encore une fois, sans les baïonnettes mais toujours avec l`esprit, la volonté de ceux et celles qui sont nés(e) pour vivre, et vivre libres tout simplement. La nouvelle cérémonie du bois-caïman, aujourd`hui exercée en gros partout dans le pays, mais mal interprétée par les classes politiques, infiltrée par des mendiants et traîtres déguisés en parlementaires; elle doit subir une mutation et s`accompagner d`une logique politique à la dimension de la diversité nationale de l`heure. Des considérations particulières doivent être faites à cause de l`existence d`une donnée qui n`existait pas dans les premiers temps. La diaspora haïtienne, force nouvelle dans la thématique de lutte contre l`esclavagisme, pourvoyeuse de moyens illimités, ne peut se contenter de promesses creuses venant de l`intérieure. Elle réclame une disposition politique capable de gérer adéquatement ses ressources politiques, économiques, sociales et culturelles. A coté de ces cérémonies récurrentes, qualifiées de bois-caïman, manifestées dans les villes et provinces d`Haïti, ne pouvant les répliquer telles quelles, cette diaspora se veut partie prenante par le biais de la Grande Conférence Nationale haïtienne, notre bois-caïman de salon, vu la distance qui nous sépare de notre pays d`origine. Elle se retrouve confortable avec l`idée et l`esprit de la conférence, afin de pouvoir accompagner de loin le peuple haïtien dans ses différentes activités en vue de recouvrer sa fierté, sa dignité et enfin sa liberté. Les héritiers de Dessalines, fils légitimes, ont besoin de Boukman leur guide politique et spirituel, et de Jean Jacques Dessalines leur père et drapeau national. Tout autre format n`est que maquillage, et ne durera que le temps d`une saccade.

Vive Jean Jacques Dessalines le Grand !

Vive Boukman Dutty ! le précurseur et prophète de la liberté.

Votre heure a sonné.

 

Je Plaide

21 septembre 2018

Mike Joseph