L`État haïtien frappé d`incompétence, de trahison et d`invalidité ; Siège à la bastille

Nous sommes toutes et tous témoins d`une scène politique insoutenable. Le monde est en train de constater le dépérissement de l`État haïtien en faillite. Allons même un peu plus loin, la société haïtienne elle-même est en situation de faillite généralisée. Dans de telle condition la mise sous tutelle d`Haïti est presque inévitable. Quelle honte pour le drapeau de notre Empereur Jean Jacques Dessalines.

Le nouveau Premier ministre haïtien, Me Henry Céant, pour confirmer ses appréhensions parce qu`il savait déjà qu`il n`y aurait pas moyen de faire quoi que ce soit, s`est laissé aller vers cette scène de désolation pour deux raisons : d`abord à cause de ses accointances politiques et d`affaires, et ensuite par ambition personnelle. Bien avant d`être nommé Premier ministre, homme de tous les couloirs de la vie nationale, il avait suffisamment de données qui lui permettaient de conclure sur la caducité du système politique actuel. Donc pourquoi a t-il accepté malgré tout un poste où il ne pourra rien apporter de concret ? La réponse se trouve à trois lignes précédentes de celle-ci. Question déjà répondue. Encore une fois, les haïtiens sont les dindons de la farce, à cause de la cupidité d`un des leurs ils devront attendre un résultat qui ne viendra jamais. Et la situation sera encore beaucoup plus grave au départ de Me Céant qui aura déjà fait son beurre. Faisons une pause :

Si Me Céant était honnête, sincère et courageux, redevable aux citoyens de son pays, n`a t-il pas tout en main pour faire un coup d`éclat et confirmer la tendance révolutionnaire en cours ? Ici, nous voulons parler de révolution de mœurs, de principe et de système.

Il a passé sa vie à patauger dans toutes les classes sociales, économiques et politiques. Face à la situation de noyé que connait le pays, témoin haut placé des événements bicentenaires, courtier des uns et des autres, aurait-il besoin d`attendre un quelconque acquiescement pour agir ?

S`il avait vraiment la carrure d`un révolutionnaire, ce qu`il faut à Haïti en tout temps, il aurait déjà montré par l`action immédiate, la direction à prendre au niveau de l`État. A prendre ou à laisser. Un médecin quand il fait face à une situation d`urgence, un mourant, n`attend pas de recevoir des ordres pour agir. Il remplit son devoir, au bistouri s`il le faut, et donnera des comptes après à qui prétend être l`autorité à consulter.

Pour éteindre le feu des manifestations, les partisans du statu quo ne reculent devant rien. Ils utilisent toute sorte de subterfuge pour calmer les ardeurs. Et c`est le cas avec Me Céant.

Il faut écraser les malades et les maladies qui rongent et détruisent le foyer haïtien. Il faut prendre le taureau par les cornes et le forcer à rentrer à l`étable. La politique haïtienne, devenue cet abattoir pour les hommes pieux depuis 1915, n`offre aucune marge de survie lorsqu`on y entre. Et çà, Me Céant le sait. On est condamné à finir la tête coupée. Il ne peut y avoir qu`un chef de/dans l`écurie. Il est le seul à décider du sort des équidés.

Donc, si on veut jouer au chef, il ne faut pas hésiter à abattre et le chef et le cheptel car la liste des candidats à ce tremplin est très longue. Question de droit, de devoir et de survie.

Avant d`être qui ou quoi que ce soit, on est d`abord un citoyen avec le droit de parole et de décision. Quand on a le pouvoir il faut l`exercer.

Une fois devenu chef de gouvernement ou d`État, il faut se comporter en tant que tel. Ce n`est plus « les moyens qui justifient la fin », c`est « la fin qui justifie les moyens. » Surtout dans le cas d`Haïti.

Me Céant est un ballon d`essai pour tromper la vigilance de la population et celle des vrais combattants. Çà ne marchera pas. S`il n`a rien proposé jusqu`à présent, c`est qu`il a pactisé avec le diable pour sauver sa peau.

Entre temps, la nation souffre de toutes les douleurs provoquées par ce pacte, par ces complots démagogiques ourdis par les barrons du statu quo contre la société et cette jeunesse qui ne sait plus où se donner la tête, part comme Marie la folle vers des pays inconnus. Que cela nous interpelle. Nous n`avons plus de chance à donner à qui que ce soit. C`est maintenant ou jamais.

Haiti doit agir sans délai sur les dossiers brûlants. Petrocaribe ; réforme judiciaire et administrative ; conflit terrien ; insécurité sociale, alimentaire, culturelle, sanitaire et politique ;  tout un lot de malédiction qui fait de nous tous des captifs du démon. Et, les pasteurs et les prêtres  au lieu de se mettre avec nous pour conjurer ces infidèles, nous demandent de prier pour le retour de Jésus. Plus de deux siècles se sont déjà écoulés et ces…nous demandent encore d`attendre.

La société civile doit s`accorder un délai de tolérance zéro. Aucun prétexte ne devrait être considéré.

Les gens crèvent de faim et sont dépossédés de leur dignité humaine.

Il faut assauter le palais, la Primature et tous les remparts politiques de l`État.

Il n`est plus question d`attendre un quelconque résultat de cette administration et de ce système.

Un gouvernement de salut public doit être constitué, dans l`ordre de représentation de tous les partis politiques considérables et des organisations militantes de la société civile. Ce gouvernement de salut public doit se prononcer immédiatement sur le couple Moïse-Céant, en le remplaçant ipso facto. Siège irrémédiable à la bastille.

 

Je Plaide

28 septembre 2018

Mike Joseph