Si je m’appelais Jovenel Moïse

En dessous de ce foutu costume de président qui leur enlève le bon sens, ne voient-ils pas venir la foudre, la fin ?

SI JE M’APPELAIS JOVENEL MOÏSE…

J’anticiperais et ferais de la situation générale du pays, un problème d’État, le problème de tous les haïtiens, moi y compris.

Le chef de l’État, celui du gouvernement et ses ministres, devraient se considérer victimes de ce système qui n’épargne personne.

j’irais dans la foule, cette cohorte qui ne cesse de grossir, de mon droit de premier citoyen, contre ce fâcheux destin, j’appellerais toutes les autorités du pays, coupables ou non coupables, à sortir de leur réserve pour demander au peuple de se ressaisir et nous accompagner vers la recherche de solutions définitives pour Haïti. Nous sommes allé trop loin dans notre aveuglement. Je suis le chef de l’État mais, finalement, le citoyen a pris le dessus et réclame justice et réparation pour les fautes commises.
Je ferais d’une pierre deux coups : démissionner et rejoindre la foule.

La nation entière se mettrait à genoux face à tant de grandeur, pour la première fois dans son histoire républicaine, de la part d’un chef d’État haïtien. Le monde entier serait étonné de voir à quel point l’haïtien est capable de grandes prouesses dans l’adversité.
Souvenons-nous de ces temps sombres, avant, pendant et après la dictature des Duvalier, lorsque les forces armées d’Haïti, principale institution de sécurité nationale, s’étaient retrouvées brusquement désarmées devant la levée des forces populaires. Dans de telles circonstances il faut reculer pour ne pas commettre l’irréparable. Le génocide annoncé, que personne ne peut jamais réparer, doit être à tout prix éviter.
Souvenons-nous en, le peuple haïtien n’a pas hésité un seul instant au front des militaires de l’époque, lorsqu’il s’agissait de régler ses comptes avec Duvalier et ses milices, d’appliquer le supplice du collier aux contrevenants et à ceux qui étaient devenus un obstacle sur son parcours. Quand le moment est venu  » Ce que peuple veut, Dieu le veut. »

Au point où sont les choses, le même scénario risque de se reproduire, en pire cette fois-ci avec la police nationale d’Haïti, si les autorités haïtiennes ne plongent dans le passé et à temps ne fassent preuve d’intelligence, si le président ne se ravise au plus vite.

Qu’a t-il à perdre en posant le geste noble de la démission et du même coup partager les aspirations avisées et légitimes de la population ?
De deux maux, il faut choisir le moindre. Entre confronter la justice et répondre aux accusations de fraude portées contre lui, et plus tard accusé de génocide, lequel des deux jugements évoque la pendaison sans aucune forme de procès ? Il ne pourra éviter la peine capitale, à la manière de Vilbrun Guillaume Sam, si sous son nez éclate une guerre civile entre la police et les manifestants, toutes tendances confondues.

Il n’est pas en mesure de faire le procès de Petrocaribe, procès tant réclamé par tous, qui doit se faire coûte que coûte, dont il est l’un des principaux accusés. S’il refuse de le faire, il sera doublement accusé et devra là encore répondre de son objection. S’il le fait, il se met la corde au cou, sans trépied, car il ne bénéficiera d’aucune protection judiciaire, policière ou politique.

Si je m’appelais Jovenel Moïse, j’éviterais ce bain de sang, favoriserais un autre débat national en faisant le geste historique et approprié, sollicitant du même coup les assises pour la Grande Conférence Nationale Haïtienne, et me tiendrais loin de toute conséquence y relative.

 

Je Plaide

01 Octobre 2018

Mike Joseph