HIP HIP HOURRAH ! Hors du boisseau

DEFI est en mode solidarité et sollicite le 17 octobre de toute année, jour sanctuaire du réveil national. Un nouveau départ, ce 17 octobre 2018.

 

A partir de cette date, un seul slogan, une seule vision pour tous et pour le monde : Nous ne voulons plus de cet Etat. Nous voulons d`un tout autre, conçu avec et à partir de l`ensemble, dans une assemblée générale dénommée «  La Grande Conférence Nationale Haïtienne.

Le leader de l’opposition et de la révolution, Moïse Jean Charles, a donné le ton et a tissé avec goût la voile du bateau en route vers notre africanité Dessalinienne, pour le rendez-vous du 17 octobre 2018, date et mémoire inoubliables de l’assassinat de l’Empereur Jean Jacques Dessalines, le père de la Patrie haïtienne. Ce rendez-vous, contrairement à la désinformation hypocrite véhiculée par les ennemis de la nation, n’est pas pour détruire mais plutôt pour construire une nouvelle identité haïtienne à partir de ses sources et ressources véritables et multiples, composés de noirs et de mulâtres.

Il est évident que des armes doivent être utilisées quand il s’agit de révolution, mais dans notre lutte pour la récupération de notre liberté et dignité, jusqu’à présent seules les armes de la dialectique, la conviction patriotique, de l’intérêt de classe, de saccage de certains symboles représentant l’oligarchie ont été exploitées. Assurément, si les tenants du système inhumain refusent de reconnaître la légitimité des revendications populaires, ce mouvement finira par accoucher des moyens plus corsés de défense de ses intérêts immédiats. Souhaitons que la République se recompose et retrouve en ses filles et fils la complicité voulue, comme au temps de la création du drapeau national. Mais, à la différence, qu’il n’y ait plus de complot pour assassiner Dessalines et ses composantes une seconde fois. Nous n’avons pas pris notre indépendance seulement par les armes. L’esprit libérateur s’est longtemps manifesté par tous les moyens pour remettre en cause les traitements subis par les descendants africains transportés de force en Haïti. Le marronnage et la rébellion disaient clairement aux blancs que leur appétit était pathologique. Ne voulant pas renoncer à leur goût pour l’esclavage, ils ont eux-mêmes choisi l’issue fatale. Cet esprit puissant, plus puissant que toutes les armes du monde, qui nous a toujours accompagnés depuis les côtes d’Afrique jusqu’aux Antilles, nous a permis de gagner toutes les batailles, nous accompagnera toujours et permettra un jour que la guerre soit maîtrisée en notre faveur. Une guerre déjà gagnée, même si elle subit des contre-coups, gardera toujours en souvenir les moyens de sa victoire. Tous les arsenaux, de Napoléon Bonaparte aux nombreux artisans de l’esclavage toujours présent dans notre vie, ont été anéantis. L’histoire étant un perpétuel recommencement, pour ne pas dire une perpétuelle continuité sous d’autres formes, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Ceux qui ne veulent accepter la volonté des noirs de vivre libres, d’une façon ou d’une autre finiront toujours par perdre au combat, jusqu’à ce qu’ils renoncent et aillent voir ailleurs où trouver leurs poulains. Que notre mental revienne à sa place, et redevienne ce qu’il a été dans nos luttes pour notre identité afro-haïtienne, l’extension et la réappropriation de nos valeurs assassinées depuis les captures de nos ancêtres du Congo, de la Guinée et de toutes les tribus de l’Afrique, sont les seules références authentiques qui nous conviennent. C’est un devoir pour tous les haïtiens, pit kou mao, zanana kou pingouin, de reproduire la volonté des hommes et des femmes libérés. Effaçons de notre mémoire et de notre vie, l’image du colon avec le bras levé et menaçant quand son esclave n’obéit pas aux ordres. Ces blessures mentales, ces plaies saignantes doivent trouver en nous leur guérison. Sinon elles finiront par nous anéantir à force de trouver refuge dans la résignation ou l’affaiblissement, on ne se reconnait plus.

Que le 17 octobre de chaque année, jour anniversaire de l’assassinat de notre Empereur Dessalines le Grand, soit, demain, après demain, désormais et pour tous les temps, le prononcé politique universel, le rempart, la boussole de notre combat pour la liberté et le progrès définitif. Que cette date nous rappelle notre renouvellement face à l’histoire.

Il faut qu’il y ait toujours un Dessalines parmi nous. Et pourquoi pas un Pétion repenti, converti et plus intelligent. Un Spartacus incolore.

Ce n’est pas un hasard que le nom de Dessalines revienne avec autant de force dans l`arène politique. Que Pétion se débrouille s`il veut rester en Lice. Moïse Jean Charles désigné par les forces du destin, leader farouche de l’opposition, en est la voix / voie, il faut le reconnaître. Il possède les mêmes caractéristiques et le courage indomptable du libérateur. Il a conscience d’être la voie de la liberté, et parle au nom de l’ Empereur. Ayons le courage et la grâce de l`avouer, et lui décerner l`honneur d`avoir conduit et gardé jusqu`ici la lutte dans sa dimension prestigieuse. Cette conscience d`être a fait de lui le héros du jour, la voix de l`Empereur. Malheureusement notre société n`est pas en mesure d`apprécier et de consommer les valeurs intrinsèques.

Les africains eux-mêmes nous sont reconnaissants d’avoir gardé avec fierté la force des tribus. Avec elle, nous avons défendu tant bien que mal l’origine de l’humanité.

Que ceux et celles qui se sentent héritiers et héritières de vertières et de la crête-à-pierrot, du drapeau national haïtien, se mettent debout pour reprendre en main le destin d’Haïti. Le 17 octobre ne saurait être simplement l’anniversaire de la mort de Dessalines, c’est en même temps l’expression de quelque chose qu’on nous a volé et qui doit être restitué. Tels sont les vœux des pitit Dessalines.

Que ceux qui veulent demeurer ou redevenir esclaves, continuer à servir comme affranchis tortionnaires, sortent du fort.  » Nous avons tous osé être libres, osons l’être par nous-mêmes et pour nous-mêmes. » Nous avons tous une dette éternelle à payer envers papa Dessalines, noirs et mulâtres. Il faut garder le flambeau de la liberté et de la dignité allumé, jusqu’au dernier soupir, jusqu’au bout.

Vive la première République noire du monde ! Vive Haïti !

Avec tous les manifestants, les manifestations, les leaders politiques, la société civile, les vrais amis d’Haïti, noirs et mulâtres, soyons tous un seul corps contre cet État croupion qui nous infecte de sa substance véreuse. Et nous voyons déjà de ce pas la lumière au bout du tunnel. Il n’est un secret pour personne que les dirigeants haïtiens obéissent à des ordres et sont au service de leur patron qui n’est pas le peuple de 1804. En n’ayant pas le courage d’endosser l’héritage laissé par nos libérateurs, ils ont contribué à la déchéance et l’appauvrissement de notre pays. Pire encore, ils n’osent même pas se poser la question à savoir quels sont les réels motifs de nos agissements, de ces casses répétitives, de notre déviation humaine. Ils se contentent de dire, pour protéger leur arrière, que les manifestants sont des trouble-fêtes, ce qui les empêchent de bien gouverner. Depuis 214 que nous avons érigé le drapeau national, les haïtiens n’arrivent même pas à se procurer de l’eau potable ou tout simplement de l’eau d`un robinet. Que font donc ces « autorités » pour avoir la paix qu’elles réclament ?

Tant que le peuple n’aura pas obtenu tout ce dont il a besoin pour vivre il n’y aura pas de repos pour ceux qui l`en empêchent, ces effrontés. Au moins qu’ ils aient le courage de se retirer. C’est ce qu’on fait après un bilan de déshonneur.

Nous avons écrit ce paragraphe pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas comprendre la lutte populaire. Il n’est pas exclusif d’être populiste pour défendre les intérêts de tous et de chacun, c’est simplement une question de dignité citoyenne.

Qui ose dire :

Qui ose dire qu’il faut respecter le mandat d’un président, quand après les cent jours aucun indice de compétence n`est prouvé, et que celui-ci passe son temps à faire des promesses alors que son peuple crève de faim et ne peut plus prendre son mal en patience, celui-là est malhonnête ;

Qui ose dire que les leaders de l’opposition sont des emmerdeurs, il est à plaindre parce qu’il a sûrement de quoi bouffer et ne pense pas aux autres ;

Qui ose dire que tel gouvernement mérite l’absolution parce qu’il vient à peine de clôturer une année, que ce n’est pas suffisant pour le juger, nous lui disons que dès les premiers jours d’un mandat présidentiel celui qui est appelé à donner des résultats commence déjà à se faire sentir, car il aurait dû se préparer longtemps d’avance en tant que témoin de la situation exécrable du peuple haïtien ; celui-là ne voit pas plus loin que le bout de son nez ;

Qui ose dire que l’haïtien est malade et ne cherche pas à contribuer pour apporter remède à sa souffrance, est lui-même une quantité négligeable ;

Qui ose dire que l`haïtien est malade, et ne cherche pas à contribuer, à trouver remède à son désarroi, est une quantité négligeable ;

Qui ose dire que seule l`occupation peut aider Haiti à sortir de l`ornière du sous développement Economique, social, politique et culturel, est un acculturé et un minable ;

Qui ose dire que tel gouvernement fera oeuvre qui vaille, alors que tout indique qu`il faut un pacte de gouvernabilité entre les chefs différents secteurs de la vie nationale, celui-ci se met le doigt dans l`œil ;

Assez de Bernard !

 

Qui ose dire plutôt

Qui ose dire que le problème de l`haïtien est lié aux intérêts étrangers est un homme avisé ;

Qui ose dire que les jeux sont faits et apporte un appui aux démunis et laissés pour compte, mérite une croix d`argent ;

Qui ose dire que les buffles de l`horreur doivent être combattus jusqu`au dernier, mérite une croix d`honneur ;

Qui ose dire que le combat doit être mené sur tous les fronts, jusqu`au bout, est un digne fils de Dessalines ;

Qui ose dire que le courage est plus louable et plus fort que le savoir, est au dessus de la mêlée ;

Qui ose dire et jurer sur sa tète  que la patrie est à nous et non aux colons, mérite un diadème ;

Qui ose dire la vérité sur l`énorme retard et souffrance du peuple, est censé ;

Qui ose dire et défier selon ses moyens les arguments arbitraires, aura son effigie placé au mausolée des héros.

Aucun gouvernement n’a jamais réussi à répondre aux multiples besoin du peuple. A cause de leur vision égoïste du pouvoir, les élus haïtiens se font piéger et deviennent des appâts faciles pour les prédateurs. C’est pourquoi nous réclamons un gouvernement de salut public, où le pouvoir ne sera plus personnalisé comme avant, au profit d’un président qui se prend pour le coq du village au lieu de s’occuper des affaires du pays.

Pour tous ceux et celles qui combattent le statu quo, nous invoquons pour eux le Talisman du vainqueur.

 

Je Plaide

07 octobre 2018

Mike Joseph