Me Céant, fil de résistance temporaire jusqu’au…

Non ! pas jusqu’au bout.

Comme prévu, si le pays ne se débarrasse pas de ce monstre à deux têtes qu’est l’État haïtien, en ce 17 octobre 2018, il y a fort à parier qu’elles se terrent ou que l’une d’entre elles tombe.

Me Céant en tant que fil de remplacement a sûrement la capacité de faire durer le plaisir pour ses admirateurs, les propriétaires de la chose publique, mais jusqu’où pourra t-il tenir face à la montée grandissante de la colère populaire ?

L’éveil, ou plutôt la conscience politique nationale généralisée chez les citoyens, ne voulant plus de cet État corrompu et manipulateur, constitue désormais un guide de référence à partir duquel on peut déterminer la durée d`un thuriféraire ?

Le choix porté sur Céant peut sauver du temps pour les récalcitrants et gardiens du statu quo, mais leur marge de manœuvre est de plus en plus restreinte et n’est plus aussi grande qu’elle l’était auparavant, il n’y a pas longtemps. De jour en jour elle s’affaiblit et rétrécit, au point qu’en ce 17 octobre 2018, il ne serait pas surprenant de voir tomber ce monstre en question.

Le risque calculé de Me Céant de rejoindre cet État en faillite est déterminant, par rapport au risque de chute brutale, libre et monumentale, de tout le système déjà irrécupérable et mal en point.

Céant est connu de toutes et de tous évidemment, par sa position stratégique en tant que premier notaire de la République, en titre et en gardien de dossiers de haute importance, et en tant qu’avocat de formation. Donc, il est l’homme de prédilection pour liquider les affaires courantes, et le mieux placé pour conseiller Jovenel Moîse qui risque à tout moment de laisser tomber les dés sur la patate chaude qu’il a entre les mains, à savoir l’affaire Petrocaribe. Nul autre que Céant ne pourrait mieux représenter les intérêts de la classe possédante, toutes figures confondues, ceux de l’oligarchie et des nouveaux riches. Le système n’ayant plus de rempart est en train de s’effondrer.

Malgré les caractéristiques grandioses qu’il a su tisser, monter et démontrer au cours de son intéressante carrière de notaire, pour les besoins de la cause, une fois placé de force ou de gré entre l’enclume et le marteau, « Adieu ! veaux, vaches, cochons, couvées. » le bal est terminé. Il ne pourra pas sauver le bateau en détresse. Le monstre est à sa dernière heure. Il a trop mal vieilli, dans de mauvaises conditions, et plus personne ne veut se pendre à son chevet. Le gouvernail ne répond plus, et les vagues de plus en plus sauvages l’emportent vers le fond marin.

A nous maintenant de prendre la relève. Pour prévenir une réédition de l’horreur et de l’indignité politique castrée dans l’orbite de l’ingérence étrangère, le spectre des serviteurs, partisans et bourreaux de la dynastie des apatrides doit être scellé dans du béton et jeté à la mer.

Personne ne doit être abattue, mais des hommes comme Jean Henry Céant, précieux pour les services rendus à la patrie, doivent être gardés à l’œil, loin des affaires étatiques, car il est trop demandé dans tous les secteurs. La nation lui en serait reconnaissante et lui ferait grand bien, en le consacrant de façon symbolique ou honorifique « Grand argentier de la République », avec rang de ministre. Son cabinet demeurera une référence nationale, où grands et petits continueront de placer leurs titres et avoirs.

En ce 17 octobre 2018, nouveau jour pour la résurrection de l’Empereur Jean Jacques Dessalines, moment de caducité du symbolisme politique haïtien, des couleurs brillantes et inédites effaceront celles fardées de cet arc-en-ciel féodal, et s’ajouteront au rayonnement d’un bleu et rouge étincelants, à certains moments rouge et noir, ce qui relèverait notre prestige dans un rouge-sang, malheureusement répudié. Chantons le requiem des adieux pour les barrons de la tyrannie anti-progressistes. Vive Haïti ! Vive la refondation de la Patrie. Cette fois-ci soyons prudents, car il faut accompagner l’Empereur ressuscité dans son immortalité, afin que plus jamais ses restes ne soient traînés, de justesse, par une autre Marie Sainte Dédée Bazile, surnommée Défilée la folle, la seule qui a risqué sa vie, drôle de folle, pour le conduire au nom de tous vers un certain lieu de sépulture.

Que vienne enfin le règne du gouvernement de salut public, pour calmer les ardeurs trop vivaces de nos tribus éparses, et mettre en chantier une Nation digne de porter son nom.

Je Plaide

09 septembre 2018

Mike Joseph