Combat de Mufles et de béliers

LA POLITIQUE HAÏTIENNE est un combat de Mufles et de béliers.

Au sommet on trouve les politiques composés des autorités serviles, des chefs de file de l`opposition, divisés entre eux par complexes et préjugés de tous genres. Les Mufles.

A la base il y a la population. Prise en otage dans un combat étourdissant entre ces Mufles qui sont manipulés de part et d`autres par des mercenaires nationaux et internationaux, elle se mêle de la partie, tête baissé aussi, sans connaitre les vraies raisons des affrontements entre Mufles et mufles. Vu sa faible densité sociale en termes d`éducation, de scolarisation et de moyens économiques, elle copie le comportement des politiques et se fourvoie dans une aventure récriminatrice sans perspective réelle. Avec mille gourdes distribuées çà et là, la vie reprend son cours. De mal en pis, le cours repris depuis deux siècles ne se normalise point mais renvoie à un ordre d`existence pire que les jours, les mois et les années précédentes. Les béliers.


 


On se lance les uns contre les autres, sans armes réelles, rien que les cornes qui ne protègent que jusqu’à un certain point. Quand le cerveau est suffisamment endommagé, le perdant se retire et le gagnant étourdi s’en va sans grande pompe pour aller mourir lui aussi dans son petit coin; Les seuls vrais vainqueurs, ces mercenaires de tout acabit, applaudissent, le combat prend fin et recommence selon l`ordre donné et le coup de sifflet venu de l`Aigle ou du faucon. Ni le troupeau, ni les bovins, aucun du cheptel ne rechigne contre ce vent du Nord qui s`annonce à chaque semence et récolte. Elle croit elle aussi que le moment est venu pour se battre sans aucune volonté de trouver les motifs de ces combats autodestructeurs. La marée neutre, de plus en plus obéissante, continue d’assister aux combats parce que tous ont été dressés pour ce type de spectacle.

Stupides, aveugles, irréfléchis, retors, incrédules, et tout ce que l’on peut attribuer à des écervelés éclatent aux yeux du monde qui nous regarde comme un sous produit de l’humanité. Enfin, on se demande pourquoi les choses sont ce qu’elles sont.

Pourquoi se résigner à perdre dans un tel combat quand le gain ne revient qu’à Mammon ; Pourquoi gagner quand le vainqueur ne l’est pas pour lui-même ou pour ses pairs ?

Pourquoi célébrer quand c’est autrui qui en profite et que la valeur de cette victoire ne signifie que mépris ?

Les Mufles et les béliers auront-ils un jour une âme, que ces combats se fassent pour quelque chose, comme protéger le troupeau contre les avancées apocalyptiques des prédateurs humains ?

Arrêtons un peu. Le temps de se regarder en face et se demander pourquoi ?

D’abord pourquoi se battre ?

La vie étant elle-même un combat quotidien, cela fait partie de l’existence. Ok.

Pourquoi nous battre ?

Encore là çà fait partie de la vie. Là où le bât blesse, c’est que personne ne tire un bénéfice durable au profit de ceux et celles qui auraient dû profiter des retombées de ces combats.

Il est temps de mettre frein à ces combats stupides entre Mufles et mufles, Mufles et brebis, curieusement, entre brebis que nous sommes tous en final.. Battons-nous contre les prédateurs, nos ennemis communs. Aujourd’hui ils sont connus et clairement identifiés.

Si l’homme noir ne se résout à sortir de son statut d’apprivoisé, il subira les conséquences d’une déshumanisation de plus en plus accentuée, et verra prochainement sa fin. Sa résignation, face à ces agressions répétées de ceux qui violent ouvertement son droit à l’existence, sera la plus expéditive de toutes les armes liguées contre lui.

Je Plaide
26 Janvier 2019
Mike Joseph