Aux leaders de l’opposition haïtienne

DEFI AUX LEADERS DE L’OPPOSITION HAÏTIENNE

Soyez rassurés que l’oeuvre est accomplie. Vous pouvez vous enorgueillir d’avoir réalisé le cap vers la terre promise. Cette prise de conscience qui habite désormais l’esprit des haïtiens est le fruit de votre travail assidu. Reposez-vous un peu car la relève est garantie. Soyez symbolique si vous le voulez, plein de pépinières jalonnent monts et vallées. Sans vouloir diminuer ou minimiser la capacité héroïque de chacun, il nous semble requis de mettre en valeur, de façon particulière, le courage et le sacrifice absolus de certains d`entre vous.

Au sénateur Moïse Jean Charles, le premier drapeau de l’Empereur Jean Jacques Dessalines, cousu des mains de Catherine Flon, vous est remis en écharpe par l’assemblée des va-nu-pied du 07 Février 2019. Au brillant et dynamique homme de loi, Me André Michel, le deuxième drapeau de l’Empereur, celui dont le bleu particulier est très proche du noir, tiré du jupon taché de sang de la fille du père de la patrie, ce drapeau vous est confié en signe de reconnaissance pour la relève de notre dignité singulière et nationale.

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DEFI et le nombre, ces millions de compatriotes qui ont terrassé la bastille, vous saluent chers collègues avec honneur, respect et dignité. Ces canons trop souvent timides et silencieux de la nation haïtienne, réveillés par vos appels ils ont marqué le temps de leur passage.

Profitant de cette circonstance, tout le peuple se joint à vous et à eux pour porter les deux drapeaux de l`héritage national, symboles de la complexité et des sacrifices historiques d’hier et d’aujourd’hui.

DEFI dans son humble parcours, supportera les franges afin qu’elles ne se souillent plus de médisance et de fratricide. Sur les frontières d’Haïti et celles d’outre-mer, DEFI ne se lassera jamais, comme vous, de lutter et clamer que la liberté et l’indépendance d’Haïti sont le plus fort héritage, le courroux des haïtiens.

Entre nous de l’opposition consacrée et la nouvelle force engagée issue des abus du pouvoir féodal, d’un élan spontané toutes les forces convergent vers le lieu résolu que nous sommes tous, d’un sentiment patriotique.

DEFI, nouveau né de l`ornière, arme dialectique sans équivoque, voix supplétive, vous accompagne désormais sur la route du destin.

Sur ce, permettez chers concitoyens que nous allions faire un petit tour dans l`histoire avec nos femmes haitiennes de la grande histoire.

 » Catherine Flon, Cécile Fatiman

Dans la galerie de nos célébrités féminines et de nos héroïnes, une place à part, nous semble-t-il, doit être faite à Catherine Flon, Cécile Fatiman, prêtresse bien connue du Bois-Caïman, et Défilé. De quelque côté qu’on les regarde, en effet, ces femmes paraissent ne devoir leur renom qu’au fait particulier d’une action, laquelle, pour évidemment majeure, ne semble pas moins revêtir, dans leur parcours même, un caractère unique, fugace, sans véritable lendemain. Tout se passe comme si, toutes entières dans ce moment qui a vu leur gloire, importaient peu pour elles les repères biographiques et encore moins ces garants éprouvés de la renommée que sont la continuité, la constance, l’étendue qui, dans ce cas précis, voient leur rôle de socle habituel de célébrité le céder volontiers et très largement à celui plus palpitant d’un geste lequel, intervenant de manière inattendue, à un moment-clé, capital, s’empare du nom, le pérennise et le voit comme définitivement associé à une situation qu’il aura, par un juste retour des choses, comme pour mission d’évoquer à son tour. Ainsi en sera-t-il de Catherine Flon qui verra son nom légué à la postérité, et, par delà ce moment capital du Congrès de mai 1803 de l’Arcahaie, définitivement associé au drapeau haïtien, et cela, du fait très simple que, s’offrant pour réunir les deux bandes d’un drapeau sur pied de guerre, elle aura le geste essentiel qu’il fallait, ce geste réclamé à grands cris par le moment, celui combien fécond de permettre ainsi à un symbole de s’exprimer, en naissant au jour.

Deux versions de l’Histoire retenues:

1) «Aux yeux de la masse ignorante des Noirs, le drapeau tricolore symbolisait l’union des trois classes de la colonie: les Blancs, les jaunes, les Noirs. D’un geste vif, Dessalines supprima la couleur blanche». Catherine Flon aurait alors réuni les bandes bleu et rouge et les aurait cousues en utilisant ses cheveux comme fil.(1)

2) La deuxième version veut qu’une fille de Dessalines fut maltraitée par un colon sur l’habitation duquel elle serait restée comme servante dans le but évident de rapporter ce qui s’y passait. Dessalines ayant vu sa fille en sang, aurait déchirée sa jupe bleue, pris son foulard rouge et demandé à Catherine Flon de les réunir en s’exclamant: «Jamais, plus jamais, un Français ne frappera nos filles. Liberté ou la mort». On présente en faveur de cette version l’argument que le bleu du drapeau haïtien ne serait pas identique au bleu francais.

(1) J.C.Dorsainvil, Histoire d’Haïti.

Texte de CLAUDE-NARCISSE, Jasmine (en collaboration avec Pierre-Richard NARCISSE).1997.- Mémoire de Femmes. Port-au-Prince : UNICEF-HAITI

Source: www.haiticulture.ch

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17 Février 2019

Mike Joseph