MARDI GRAS AU CAMP DE CONCENTRATION

MARDI GRAS AU CAMP DE CONCENTRATION

ENTRE LA CORDE, LA FAIM ET L`ÉCHAFAUD, UNE SEMAINE DE MARDI GRAS POUR LES CONDAMNÉS AU CAMP DE CONCENTRATION QU`EST DEVENUE HAITI

Dans cette nouvelle aventure de Tintin, où DOUBLE-RHUM joue le rôle principal, le Docteur SAIGNÉE affublé d`un Céant infarctus, Napoléon le cheval qui ne peut plus galoper, les recettes s`amaigrissent, et l`avenir des cowboys ne semble plus rassuré. Le temps est couvert de nuages gris que percent les éclairs, pour offrir un spectacle de plus en plus désolant. Les Quelques peu de zélés qui servent de paravent, au premier pétard ils dégagent comme des proies sauvages, sans demander de compte au bourreau de passage.

Au temps des carnavals, des transferts engloutis dans des barils de rhum, le clairin tropical meilleur pour les petites bourses, arrose les grandes gueules autant que les petites. Cette manne si convoitée taxée de vol au pourcentage ferait mieux son parcours si elle était distribuée quelques jours en retard. Mais, hélas ! la mémoire interpelle au gré des souvenirs, ceux qui ne peuvent voyager se font représenter par ces quelques billets verts à nul autre pareil.

N`y a t-il pas plus de piété à courir ou nager dans une compétition cent fois plus honorable, que celle de déambuler à coup de hanche au son d`une musique pour des apprivoisés.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, vous les espèces sonnantes, faites-nous la charité de retenir pour un temps, seulement quelques semaines le temps des carnavals, afin que les hommes pensent un peu plus à leur sort. Semble t-il que vous ne savez quoi faire pour aider le pays à sortir du pétrin, voilà au moins un acte simple et généreux qui vaudrait à merveille de tous les points de vue, sans priver la famille de son bien escompté. Apprenons à retenir nos larmes pour une petite entorse, afin qu`au jour des grandes douleurs nous en ayons assez pour ceux qui ne se soucient guère des famines du jour. « La patience est amère, mais son fruit est doux. »

A ce stade des débats, il vient de se prouver que le carnaval de sa façon traitée est toute aliénation plutôt que défoulement. Comme le disait Camus  » La bêtise persiste toujours. », trouvons-nous les moyens de corriger ce tort, cette fronde de démesure engendrée dans nos seins par Judas, le traître investi de pouvoir ombrageux, ce crâne inhabituel au dessus de nos toits. Conjurons le mauvais sort, souffle contaminant des esprits égarés qui, depuis la traversée sont devenus fous dans leur peau d`affranchis, ont finalement trouvé le port des bateaux négriers où les traces de nos pas, les cris de douleur qui montaient jusqu`au ciel, ils les ont suivi et entendu, puis sont venus jusqu`à nous. Sont-ils donc des alliés du fait de l`origine, quand ils n`ont fait qu`errer sans subir de torture. Qu`ont-ils vécu pour être aussi cruels, à vouloir rabaisser cette gloire qu`ils n`ont jamais connue ?

Est-ce le sort de tout noir, indigène, captif ou évadé, de ne plus disposer de son âme guerrière devant tous ces affronts que transportent les vagues de tous les continents à travers l`océan ? Le temps a fait son oeuvre, il faut s`en souvenir autant que l`accorder, mais les révoltes glorieuses qui sont notre boussole ne doivent pas s`atténuer. Avec elles il faut compter et refaire la conquête des meilleurs d`entre nous.

DOUBLE-RHUM et sa bande sont toujours dans nos murs, autant que dans les livres. Morts d`ivresse et de piètres aventures, ils reviennent nous hanter parce qu`ils ont soif de vengeance et du grand barbancourt, qu`ils trouvent moins plaisant dans leur solitude de mourants.

Aux prochains carnavals, la bête et la bêtise ne doivent plus voir le jour.

 

Je Plaide

04 Février 2019

Mike Joseph