UN MOT

WNAMNAMTEGNALUOK

Un mot sans histoire particulière, le plus répandu dans le coeur des haïtiens, profondément ancré dans notre culture, planté dans la terre dès le premier jour d’arrivée sur Hispaniola ; ce mot, il a fait son chemin dans les racines du passé pour devenir un arbre géant symbolisé par la citadelle Laferrière, le palais sans-souci et tous les forts de l’Île. Il fume les nuages perdus qui osent le fouetter et les engloutit jusqu’au fond des abîmes.

Prononcé à chaque seconde par  » Vulgus, Plebs, La Tourbe, la Foule  » , tout le cheptel farouche de la bêtise humaine, il provoque des tornades à battre tous les records de l’ignoble.

Le mot le plus fort du créole haïtien, à l’instar du mot le plus mot le plus long de la langue de Molière, ne se fait pas attendre dans une conversation en souvenir du temps et des circonstances hasardeuses, regulières ou spécifiques imposées par Mamon , le dieu chassé du ciel.

Certains essayent de le prononcer à l’envers , WNAMNAMTEGNALUOK , c’est du chinois, et cà ne marche pas. Il faut le dire tel quel pour qu’il ait toute sa résonance.

Quelque part, dans la langue parlée au moment d’une colère , il sort sans permission. Ceux qui savent bien le dire le font avec tellement d’appétit , qu’aucune mere n’en est épargnée.

Généreusement nôtre, il est devenu une arme de guerre à nulle autre pareille.

WNAMNAMTEGNALUOK

Pour ceux qui n’ont pas encore compris, tel est le visage du mental de l’homme haïtien d’aujourd’hui. Malheur à celui par qui la fureur arrive.

 

 

Je Plaide

03 Juillet 2019

Mike Joseph