DEFI À L’HEURE DES RÈGLEMENTS DE COMPTES

DEFI À L’HEURE DES RÈGLEMENTS DE COMPTES

Souvent on pense que le règlement de compte est quelque chose de brutal et malsain, alors que souvent ce n’est pas le cas. De la personne qui réclame à celle qui doit, tout dépend de la procédure engagée. Celui qui réclame devrait toujours éviter d’être agressif et provocateur car nul ne préfère la position de débèt. Le débiteur est toujours aux aguets et prêt à se défendre, et même disposé à attaquer surtout quand il est en faute. Pour cela, il est toujours préférable de choisir un intermédiaire qui favoriserait une certaine détente du côté du défendant, ou des deux. Dans un pays comme Haïti où il y a absence de l’État et le fonctionnement de la justice laisse à désirer, puisque tout est au rouge, on se retrouve inévitablement en conflit d’intérêt sans le chercher. Donc, de façon ouverte ou déclarée, tout un chacun a un compte à régler soit avec quelqu’un, soit avec l’État lui-même à cause de son dysfonctionnement. Si on commençait à prendre en compte la situation globale de chaque citoyen, la révolution haïtienne ne serait pas seulement politique comme on l’interprète, elle serait autant sociale tellement les revendications entre les divers palliers de la société elle-même se retrouveraient dans chaque foyer, d’abord par groupe de deux invidus, ensuite entre toutes et tous. C’est une société complètement souillée sur le plan des déficits individuels, à savoir l’absence de moyen pour chacun de résoudre un problème souvent très grave mais marginalisé dans l’espoir qu’un jour il sera confronté. Investir dans le social sans passer par les canaux d’un bureau d’aide juridique de couture citoyenne, hautement qualifié et sans faille, ne donnerait aucun résultat tangible. Parler de révolution politique sans prendre en compte, en même temps, une révolution sociale, équivaut à discuter de problèmes sans vouloir réellement ou comprendre comment les résoudre. Parler de solutions aux problèmes implique une prise en compte et en charge d’un tout qui ne peut souffrir de partialité. Heureusement, sans effort, l’haïtien peut constater qu’il est riche en ressources, disponibles, pour répondre à tous ses besoins. Il suffirait de donner à chacun sa chance de participer à un coumbite national et le monde serait étonné de voir combien nous serions en mesure de briller. Est-ce pourquoi DEFI se mêle de la chose publique : Pour jouir de ses droits sociaux et politiques, partager ses ressources avec tout un chacun – autant que le ferait chacun avec chacun, et chacun avec le reste de la société. Nous croyons dans le bon vouloir de l’haïtien et travaillons pour que la vérité soit déclarée sur sa disposition à vivre dans une société juste et équilibrée. Que le jour se lève enfin sur notre vocation réelle. Le temps des règlements de comptes est à l’heure juste, et dans la politique, et dans le social. L’une des premières manifestations de DEFI sera la mise sur pied d’un bureau d’aide juridique en faveur des victimes de l’absence du droit commun.

Je Plaide

05 Septembre 2019

Mike Joseph