QUI VIVRA VERRA

L’histoire, à reculons, sans fard ni faux cils, enlèvera le masque de chacun et nous fera découvrir le vrai visage des acteurs de la scène politique en Haïti. De Charlemagne Péralte qui a donné sa vie pour nous sauver, comme l’avait fait le Christ pour l’humanité, traversant toute cette période de règne occulte, jusqu’à ce jour que le premier des démons est en train de pérenniser, personne ne sait vraiment qui est qui tellement le dé est truqué et la démesure immense. Pris la main dans le sac, sans masque cette fois-ci,  ce premier au visage authentique défi toutes les annales de l’histoire d’Haiti. Éprouvant de la difficulté à se situer, à le comprendre et l’accepter, l’homme haïtien interpelle tous les saints pour s’en débarrasser, mais doit faire face à sa réalité. Effectivement, malheureusement, contre la volonté de tous et de toutes, les préjugés racistes ne ratant aucune occasion d’acculer le noir quand il a le flan exposé, Haïti est traité de pays où tous les haïtiens sont des possédés.

La rumeur a éclaté en République dominicaine, sous Rafael Léonidas Trujillo le 02 Octobre 1937, et nous avons vu les résultats : plus de vingt mille haïtiens furent tués. Aujourd’hui encore, des milliers d’haïtiens(nes), des dominicains(nes) d’origine haïtienne sont tués et expulsés comme de la charogne.

Cette rumeur continue son chemin. Elle vient de couvrir les Bahamas où Dieu seul sait ce qu’il adviendra des haïtiens vivant là-bas, sans aucune couverture ou protection diplomatique, ni de la part du gouvernement bahaméen, ni de la part du gouvernement haïtien qui n’existe même pas dans le fond. Tranquillement, elle finira par atteindre tous les pays où se trouve une communauté haïtienne établie. Les conséquences de cette réaction schizophrène et pathologique des citoyens de pays déjà menacés par les abus et catastrophes, que ces pays ont eux-mêmes conçus et provoqués, finiront par dépasser le degré du concept génocide, inventé dans le vocabulaire, pour décrire l’étendue des dégâts à venir, en termes de quantité et de perte en vie humaine. Ces conséquences, il faut le dire haut et fort, sont le résultat de notre historique libération, mais aussi, elles sont dues aux comportements délétères de nos dirigeants.

Aucun autre pays sur terre n’a rassemblé en si peu de temps autant de fétiches en vénérant le blanc, de bassesses à son égard ; d’ignorants sur les parvis institutionnels, de sousous dans les gradins, de crétins dans les coulisses, de magiciens dans l’opposition, de fatras politiques en général, à polluer l’atmosphère depuis plus de trente ans, à tribord et à babord. C’est le comble aujourd’hui, avec ce qui se passe à vue d’oeil dans toutes les institutions sans exception, même dans notre prétendue diplomatie où les diplomates acceptent de servir un pays qui n’a pas d’État, Le nôtre.

Comment ne tomberaient sur nous les foudres du ciel, quand près de vingt millions de personnes ne sont pas prises en charge et gouvernées ? On peut facilement imaginer que ce genre de situation ne pourrait se produire qu’en enfer, là ou le diable est roi et seigneur, et ses sujets sont traités comme du bétail. C’est exactement le cas pour Haïti.

Donc, l’interprétation que font à ce sujet les citoyens du monde, à notre égard, n’est que le résultat de l’image exposée et entretenue par nos propres dirigeants ; les conséquences de nos inconséquences en tant que Nation.

Vous qui vivez au Canada, en Europe et aux États-unis, si vous vous croyez à l’abri, ne soyez pas surpris un beau matin de voir le phénomène, ce qui est arrivé en République dominicaine et qui arrive aux Bahamas, frapper à votre porte à grand coup de marteau. Votre silence (dans l’aisance) doit être considéré comme un allié de ceux qui font la promotion de cette apocalypse préméditée. Vous n’auriez pas su répondre à l’appel du destin au moment qu’il était encore temps, et le monde ne vous l’aura pas pardonné. Le verdict est prononcé, et nous sommes tous les prochaines victimes.

A nos frères et soeurs déjà tombés et qui n’ont pas pu passer la rampe, nous allumons une chandelle de regrets et nous prions pour que à temps un peu d’engagement soit mis à profit de la part de tout un chacun, afin d’éviter que l’haïtien soit définitivement synonyme de rejet.

Face à cette catastrophe, il n’existe aucune autre solution que l’exorcisation de cette génération de pestiférés, de ces démons masqués, de ces prédateurs endogènes et exogènes, de ces rampants misogynes et phallocrates.

A Celui ou celle qui ne se sente pas les couilles ou la crête solides pour les affronter, vous serez pardonné car il s’agit d’une disposition spéciale qui ne fait appel qu’aux vertébrés (es).

A la guerre comme à la guerre !

Je Plaide

11 Septembre 2019

Mike Joseph