GADÉ KISA LONU FÈ NOU

ESKE SA AP RÉTÉ LA ?  NON !

Nap kontinué batay la pi rèd, pounn mandé fôs okupasion wan arété Jovenel Moise ak tout vagabon parèy li yo ki mété Ayiti nan sa li yé laa jodiya. Kounyé ya, sé nan kanaval MANIFESTASION nou pral mandé KOTÉ KOB PETROCARIBE YA ?

ke li sé blan, ke li sé nwa, ke li sé mûlat, ke li sé syrien, ke li sé arab, tout mounn dwé jujé anba Kôd.

 

Men sa Paul Kagamé, prézidan péyi Wanda, té di sou kisa kap rivé ak pèp kap goumen pou libèté yo ( tradui en kréôl pou tout mounn ka konprann )

Voici ce que dit le texte de Kagame en créole :

RAYISMAN SÉ YOU BIZNISS LI YÉ

Lè mwen li rapô sou lagè ki fèt lôt koté, mwen té toujou mandé tèt mwen kouman de mounn ki intélijan fè rivé nan pwen ke yap masakré prop frè yo younn ak lôt kankou zannimo ; Kouman nou fè alé juske la ; Kouman you mounn annik tandé yo di touyé, san li pa menm konnen ni an pent ni an pentu mounn ki bay lôd saa , sou you baz fanatik, li koupé, li raché, li touyé.

Li di ke rayisman sé you bizniss ke politisien utilizé pou yo jwen privilèj. Yo mété yo ant oumenm ak destenw, fèw konnen ke gen you lôt parèy ou , ki anpéchéw vinn mounn kew ta dwé yé ya. kidonk , fôk ou éliminé mounn saa ki anpéchéw la.

Alô, ou menm ki filé manchèt ou, kap tann san souf lè ya pou fini ak mounn saa yo voyéw al touyé ya, swa disan ki responsab mizèw, kitém diw kisa kap tann ou lèw finn raché, touyé : Wap jwen you bann lôt parèy ou, nan lôt kan tou, ki pi envy touyé paséw, ki resevwa menm mésaj raysman tou, ki pap fè bak devan anyen. Wap touyé ou pakèt nan yo, wap pèdu ou pakèt nan paw yo tou (frè, sè, paran, zanmi, saw konnen, saw pa konnen…Lèw fini, tou paw dèyè, nan you anbuskad kap mennenw swa dans la tomb, swa lopital, swa nan prizon.

Lè saa wap pedu eskanp figuw. Siw pa mouri tout kô ap plen mak. Wap domajé nèt tèlman kôw ap matirizé. Tout tan li pa depasé 3000 mô, Gwo jounal yo pap bay nouvèl sou situasion sa , situasion lanmô saa. Lè la dépasé 3000 mô, sé lè saa petèt , komunoté intènasional la va di ou mo nan sa. Siw gen chans, la kwa rouj a kouri vinn baw swen. Apré sa, wap tandé yo kréyé you komision rékonsiliasion, épi mounn ki nan tèt komision saa , sé menm mounn ki té voyé nou al touyé youn ak lôt la. Epi wap tandé lap diw pou padoné, paske li menm afèl finn réglé avek anpil milyon.

Ou menm, kankouw bèkèkè, égaré, janm koupé, intatad, pré pou la vanjans, ou pa konprann anyen. Bagay yo chanjé sou wou, pa gen anyenw ka fè, é menm siw ta vlé ou pa gen ni kouraj ni moyen pou fè anyen ankô. Pap gen younn nan mounn ki té voyéw al touyé yo , ki ni blésé ni mouri. Menm fanmi yo pa gen anyen.

Tandé frèm, nan gwo biznis saa yo rélé RAYISMAN , ke zôt fouréw la, sé utilizé yo utilizéw san ke yo pa bezenw. Apré sa , ou gen pou oblijé viv kôt a kôt avek rès mounn ou pat gentan touyé yo, siw pat gentan mouri , jé nan jé, alos ke yo té diw sé pa posib. Eske sé saw vlé pou tèt ou ak péyiw la. Sé saw vlé kité pou pitit ou ak ti mounn kap grandi yo. Mezanmi nou dwé konnen ke nan la gè tout mounn sé pèdan. kelkeswa sa ki touyé plis mounn lan yap fôsél rekonsilié ak lôt la. Pa bliyé ke mwen wè sa map diw la nan péyim, koté ke gen plus pasé 800000 mile mounn ki pèdi lavi yo nan génosid.

(Traduction en créole de Mike Joseph)

 

LETTRE DE PAUL KAGAME AUX CAMEROUNAIS.

« Tout le monde doit lire ce texte et le méditer ».

Le business de la haine

Je me suis toujours demandé, en lisant les rapports de guerre communautaires sous d’autres cieux, comment des gens qui vivaient en bonne intelligence, en étaient arrivés à se massacrer comme des animaux. Comment les Bété et les Dioula en Côte d’ivoire ou les Tutsi et les Hutu chez moi au Rwanda avaient pu aller aussi loin. Comment des gens en arrivaient à tuer suite à un mot d’ordre de personnes qu’ils n’avaient jamais vues, avec qui ils n’avaient eu aucune relation, et dont l’unique chose qu’ils avaient en commun était la tribu…

En regardant la scène camerounaise, je crois que je commence à comprendre avant qu’elle ne prenne le chemin emprunté hier par mon peuple. Alors je t’écris aujourd’hui, jeune camerounais, pour te dire ce que tu sais peut-etre déjà.

La haine est un business, et aussi un formidable ascenseur pour les politiciens professionnels pour accéder aux privilèges qu’ils convoitent. Ce business repose sur un postulat simple: « Tu n’es pas ce que tu devrais être ou là où tu devrais être parce qu’un autre s’est mis entre toi et ton destin. Il faut donc l’éliminer. » C’est ainsi que les entrepreneurs de la haine réussissent à embarquer les gens dans leur entreprise.

Alors toi qui me lis ce matin, et qui as déjà limé ta machette, prêt à en découdre, toi qui attends impatiemment le Jour J pour en finir avec ceux qui sont responsables de ta situation, et qui se trouvent tous être de l’autre ethnie, je vais te dire dès maintenant ce qui t’attend au pas de la porte:

Tu vas rencontrer de l’autre côté, d’autres jeunes, braves comme toi et encore plus vicieux, eux aussi nourris à la mamelle de la haine comme toi et ne reculant devant rien. Tu en tueras un grand nombre, mais tu perdras aussi un grand nombre de frères, de soeurs, de parents, d’amis, de connaissances, de relations… Ton avenir t’attendra sagement au coin d’une rue en terre, dans une tombe ou dans la brousse, quand tu tomberas dans une embuscade, ou, si tu es chanceux, dans un hôpital de fortune, où tu seras pris en charge par un médecin de la croix rouge. Tu auras le visage défiguré, les marques de la guerre bien visibles sur ton corps déchiqueté.

Tous les jours RFi se chargera de faire le décompte des morts, en attendant qu’il atteigne le seuil qui déclenchera l’indignation de la « communauté internationale ». Certaines mauvais langues disent qu’il commence à 3000 morts.

Un matin, du fond de ton lit d’infortune, tu l’entendras dans le journal officiel: Création de la commission de réconciliation. Et qui sera nommé à la tête de cette commission ? Le même type qui t’avait dit que c’est l’autre qui est responsable de ton malheur. Tu le verras, tout sourire, promettre au JT de 20h, œuvrer pour la réconciliation et t’appeler à pardonner. La commission sera créée avec un budget de 25 milliards qu’ils vont se répartir entre eux au travers des arnaques appelées consultations. Tu seras là, au fond de ton lit de fortune, le regard noir, la jambe amputée, perdu dans tes pensées, avec une longue liste de comptes à régler. Mais là dehors la donne a changé. Tu ne peux plus massacrer impunément. Et même si tu le voulais encore, tu n’en as plus les moyens ni la force.

C’est là que tu te rappelleras que, comme par magie, aucun de ceux qui t’ont mené là où tu es n’as été tué, ni eux, ni leurs familles. Peut-être bien que, pour te galvaniser, ils ont dû sacrifier un arrière petit fils du cousin de la tante de la soeur de la grand-mère du président de la République…

Mon frère, sache que dans ce business, tu ne seras qu’un pion. Demande aux dioula et bété de côté d’ivoire, aux Hutu et Tutsi de chez moi qui sont obligés aujourd’hui de se tolérer, de vivre ensemble par les mêmes qui leur avaient dit que ce n’était plus possible. Pense à ces gens qui sont obligés de vivre aujourd’hui avec les séquelles d’une guerre qui n’aurait jamais dû vivre, et qui sont obligés de garder leur frustration en sourdine, la rancœur plein le cœur, et l’avenir en pointillés…

C’est ça que tu veux pour toi et ton pays ? C’est ce genre d’avenir que tu veux pour toi et tes enfants ?
Sache donc que dans une guerre civile, il n’y a que des perdants. Et que, quelle que soit la force de ton clan, à la fin, on vous imposera la #réconciliation.

Voilà, tu ne diras pas que je ne t’avais pas prévenu. En limant ta machette ce matin, relis bien mes paroles, elles sont celles d’un type qui a vu ce qui s’est passé dans son pays.

Paul Kagame

Cette lettre de Paul Kagame,  »Le business de la haine » est plus qu’un conseil salutaire envers ses concitoyens et les peuples ciblés pour commettre le génocide. Un autre grand DEFI qui dépasse l’entendement. Celui-ci et le nôtre se ressemblent, dans le fond ; dans la forme…tout dépendra de l’avenir. Quand on a en face de soi le démon en personne, souvent l’action requise est instantanée, automatique et immédiate.

Espérons que ce ne sera pas le cas pour Haïti.

 

Je Plaide

19 Octobre 2019

Mike Joseph