VIDER LES LIEUX

De la désobéissance à la désertion

VIDEZ LES LIEUX !

Que reste t-il à faire dans un pays aussi dévasté ?

Les citoyens se sont prononcés sur le sort de l’État qui ne fonctionne plus depuis des mois:  »Changement de système. »

La police, le seul corps légalement armé, ne fait que dépenser son énergie et ses munitions contre une population qui de plus en plus risque sa vie et réclame la démission d’un président qui ne mérite plus ni respect ni confiance. Dans une telle situation même si Jovenel Moïse avait en main tout ce que possèdent les plus grandes puissances du monde, il ne lui resterait qu’une chose à faire : VIDER LES LIEUX !

Autre cas de figure. Advenant, par son entêtement à tenir jusqu’au bout, qu’il voudrait continuer de résister et d’affronter cette mise en contexte déjà fort poussée par la désobéissance généralisée qui paralyse toutes les activités du pays et celles de l’État haïtien, de quel bout s’agit-il ? Comment pourrait-il faire pour rétablir l’ordre, le respect, la confiance et la vie normale – et du côté de la population, et du côté des nombreux policiers, tous désemparés, qui n’approuvent pas sa politique mais qui restent dans les rangs malgré tout ?

Que l’on soit pour ou contre, n’est-il pas clair que la seule solution à envisager pour monsieur Jovenel Moïse c’est celle de : VIDER LES LIEUX ?

À moins que, selon qu’il ait reçu l’ordre de ses patrons, le plan final serait de détruire à petit feu toute la population haïtienne – et là encore – que ferait-il de ces millions d’haïtiens de la Diaspora dont le nombril est foncièrement attaché au pays ? Ne peut-il prévoir une suppléance indescriptible de leur part au fur et à mesure que la situation s’empire ?

Seul un homme qui a perdu la boule peut se laisser mener aussi loin en bateau. Et par ricochet, vu que ses patrons persistent à l’encourager dans cette triste aventure, il faut aussi bien croire qu’ils ont eux aussi perdu le Nord. Car, en aucun cas, ils ne pourront réussir, même à sauver la face. Chose certaine, la nation haïtienne est encore une fois trahie et blessée jusqu’aux os par ses pairs, marginalisée et grossièrement traitée par ses partenaires privilégiés.

Tôt ou tard, du train que vont les choses pour certains d’entre eux, ces partenaires privilégiés, la maison blanche en particulier est en train de liquider les affaires courantes, et le dernier élu sera bientôt, probablement, le prochain épisode où le chef de l’État aura à exécuter cet ordre prescrit à tous ceux qui ne respectent pas les principes de la bonne gouvernance : VIDER LES LIEUX !

Dès que cela arrive, monsieur le président, qu’allez-vous faire avec vos hommes ? N’avez-vous aucune idée de la façon que cela se passe à chaque fois qu’il y a changement aux État-unis d’Amérique? Pour votre gouverne, monsieur le président, quand on change les hommes là-bas, la politique aussi change. Et c’est toujours le revers de la médaille, l’alternance. Sauf que cette fois-ci, semble t-il, pour l’une des rares fois dans l’histoire, celui qui est le premier responsable de votre malheur risque d’aller en prison pour son arrogance et sa trahison envers les lois de son pays. Étant donné que vous avez suivi la même tendance tous les deux, celle de banaliser l’histoire et les aspirations des hommes, les gardes-fous de l’évolution humaine, tandis que lui il irait en prison, vous, au contraire, vous serez, condamné, pourchassé et emprisonné, en plus, vous serez lynché par une population enragée. Quoiqu’il soit déjà trop tard pour vous d’éviter la potence, avant qu’il soit trop, trop tard, il vous reste un si peu de temps: VIDEZ LES LIEUX !

Aux policiers. Vous qui êtes payés au rabais pour tenir en échec les avancées manifestes de ces milliers de vos concitoyens en guenille, vos visages sont connus; et ces mercenaires venus de loin pour les exécuter avec une balle à la tête, du haut des tours délabrées de notre ville puante, ils s’en iront avec les poches pleines, lorsque vous, vous reviendrez sur les trottoirs, dans les cours, les corridors et sous les galeries du voisinage, penauds et chagrins car il n’y aura plus de place pour vous auprès des hommes de la cité. Désertez pendant qu’il en est encore temps. Le peuple ne fera aucune différence entre le vert, le kaki ou le gris. Vous ne serez point traités différemment du bleu de 1985.

Désertez. VIDEZ LES LIEUX !

Je Plaide

20 Novembre 2019

Mike Joseph