LE TRI DE DEFI vers et pour la GCNH

Parmi les armes qui nous détruisent, se trouve l’une d’entre elles, la pire que nous avons nous-mêmes fabriquée, avec peut-être les séquelles de l’esclavage, à travers nos langues.

La médisance (le palé mounn mal), cette arme de destruction massive, que dis-je ! Virus intraitable sans la complicité, la volonté, l’éducation et la rééducation du malade en phase terminale, est le plus grand tort que l’hérédité ait attribué aux vivants dans la République d’Haïti.

Comparé aux armes conventionnelles, chimiques et nucléaires inventées par l’homme, la médisance devrait être classée missile balistique # 1 que jusqu’à présent aucun blanc ou colon blanc au courant de sa portée n’oserait imiter tellement elle est profondément haïtienne.

Trop soucieux de leur identité, les blancs effrayés à l’idée de s’autodétruire ne voudraient à aucun moment se l’approprier, sachant combien elle est contagieuse à proximité.

Curieusement, nul n’a besoin de presser sur un bouton pour déclencher son alarme comme on le fait dans le cas des armes inventées pour annoncer leur application.

Cette arme typiquement haïtienne se déclenche d’elle même, simplement par un réflexe intrinsèque jaloux. Celui ou celle qui en est atteint(e) perd automatiquement la boule et trop souvent se retrouve pris dans les filets, dans l’œil du cyclone fatidique, fratricide.

Elle est l’arme la plus dangereuse jamais inventée, celle qui détruit chaque jour, à petit feu, toute la population haïtienne. Qui pis est, sans que le sujet ou la cible soit fautif(ve) ou coupable, sans commettre aucun crime, la médisance vous atteint droit au cœur et au cerveau. Pire encore, du seul fait que vous soyez beau, belle ou joli(e) elle vous guette à chaque pas.

En fait, nous avons pris ce raccourci afin de soulever le voile sur les difficultés que rencontre tout citoyen désireux de donner en retour un peu de ce qu’il a reçu de ce pays en guise d’identité, de sentiment et de mémorables souvenirs.

Participer aux efforts entrepris pour solutionner les grands problèmes d’Haïti, particulièrement l’un des plus gros sinon le plus difficile d’entre eux, la politique, est l’exercice le plus digne, la plus rentable des réciprocités qu’un homme peut rendre à sa terre. Mais hélas! chaque fois qu’un citoyen haïtien se lève pour apporter sa contribution dans la recherche d’une solution, le voilà déjà ciblé et classé suspect, disqualifié, soupçonné d’opportunisme, de traître avant même qu’il ait le temps de justifier son droit et son devoir. Il n’aura même pas le temps d’atteindre un minimum de résultat, déjà la missile est lancée. Ce qui rend toujours impossible la convergence des hommes et des femmes de bonne foi, les esprits démocratiques, dont le support à la lutte pour la libération d’Haïti est plus que nécessaire.

L’heure est venue. C’en est assez. Le tri doit se faire entre les affranchis et ceux demeurés encore esclaves du passé, afin de disposer des soupçons exagérés et séparer le bon grain de l’ivraie.

DEFI prend sur ses épaules l’engagement de mener ce combat et de citer les noms de tous ceux qui se donnent dans cette lutte, sous une forme ou sous une autre, et qui méritent, malgré tout, relativement, certaines considérations. Çà va faire du boum et beaucoup de tripotage mais l’abcès doit être crevé.

Le tri se fera de la façon suivante :

a) Reconnaissance sera accordée par séniorité et catégorie pour avoir contribué au maintien de l’identité nationale. Bleu ou noir aux cotés du rouge, çà nous est égal.

b) Par respect et conviction démocratique, l’appartenance à un groupe ne sera pas retenue comme critère d’appréciation.

c) Par souci et sens du bien commun, ce qui fait notre boussole c’est l’aboutissement collectif vers une biographie politique bien encadrée, digne des efforts patriotiques des personnalités d’hier et d’aujourd’hui.

Le nombre importe peu, la classe importe peu. C’est le degré d’engagement de chacun qui sera souligné à grand trait. Telle déduction, honnête et sincère, sera prononcée en leur faveur, et leur consécration dépendra de la postérité.

Pour les moins engagés, celles et ceux qui ont été ou sont moins signalés mais qui ont marqué leur passage dans le sens de la lutte pour la défense du droit commun, leur participation sera aussi mentionnée comme contribution.

Enfin ! à la manière d’une pyramide, on partira du sommet pour aboutir à la base. Sans préjudice. Celles et ceux qui s’estiment lésés par notre démarche devraient pouvoir la contester en prenant le chemin de la démocratie, au nom de la social-démocratie.

Le reste, la diversité militante pressentie pour être très nombreuse, sera pris en charge uniquement sur le plan idéologique. Et tant que sa cause ne soit entendue par une audience approuvée, il nous sera difficile d’approuver, de réfuter ou de juger une réaction.

Voici les noms qui, sans égard aux rumeurs, ont retenu notre plus grande attention parmi les politiques, de 1986 à aujourd’hui.

Par ordre historique. Ceux et celles dont l’action a attiré une grande attention et conçu un tant soit peu d’intérêt national pour la continuité de l’oeuvre au regard de Jean Jacques Dessalines le libérateur:

D’abord, une minute de recueillement pour les illustres va-nu-pieds et les méconnus(e) tombés(e) durant les guerres de l’indépendance d’Haïti, aussi celles et ceux récemment sacrifiés(e) par les tyrans de l’heure.

Ayons le courage d’accepter la politique pour ce qu’elle est dans sa dimension nationaliste. Toute autre considération est sans intérêt.

Pour l’histoire, ces noms qui vont suivre devraient faire l’objet de reconnaissance nationale et placés au Mupanah (Musée du Panthéon National Haïtien).

Oups ! A la dernière minute il nous a été conseillé d’attendre l’ouverture des travaux de la GCNH (Grande Conférence Nationale Haïtienne) avant la publication de ces noms.

Au regret. Veuillez excuser ce retard insoupçonné.

Entre temps, n’hésitez pas à nous suggérer des noms si vous vous sentez concerné. Merci

 

Je Plaide

17 Décembre 2019

Mike Joseph