HAÏTI, « QUE FAIRE. »

HAÏTI, ENTRE LE COURAGE, LE DÉSESPOIR ET LA DÉMISSION

Le courage

Au nom de la République plein de citoyens courageux confrontent son histoire ensanglantée pour lui donner un tant soit peu d’avenir plus équitablek. À chaque carrefour, entre chaque décade, survient un détail qui charrie avec lui de multiples obstacles apparemment stériles mais profondément décisifs en conséquences au point qu’il soit évident de déduire que l’indépendance réalisée au prix du sang n’a jamais vraiment été consacrée.
Ces milliers de combattants pour la liberté, morts et vivants, regardent sous la loupe leurs conquêtes sombrer dans le néant, lorsque leurs pairs, ces invertébrés venus de nulle part ou de si loin, s’accouplent avec les ennemis endogènes et exogènes d’Haïti pour tout faire échouer et toujours remettre en question la question de la nationalité haïtienne.

Le désespoir

Certains, plusieurs d’entre nous sombrent dans le découragement et abandonnent la lutte. Sont-ils pour autant des lâches ou des faibles ? Non ! Plusieurs peuvent pousser un homme à mettre de côté sa conviction profonde pour répondre à des obligations particulièrement urgentes et vitales. Ceux-là, si le temps et la vie leur permettent de reconstituer le pavé, ils reprendront le flambeau et apporteront au coin de l’histoire leur quote historique, inestimable, à travers lequel les générations pourront puiser l’énergie nécessaire qui servira à conserver l’espoir qu’un jour le pays sera débarrassé de ses tares. Ils ne sont et n’étaient ni des faibles ni des traîtres ni des lâches.

La démission

Là où le bât blesse, malheureux à constater, un trop grand nombre de patriotes victimes des circonstances, parmi tous nos camarades de route, démissionnent et deviennent presqu’obsolètes. D’où, de ce qui constituait le fer de lance, la réalité sauvage de l’homme noir en général pris dans les filets des esclavagistes et colons, il ne reste que menu fretin.

Que faire ?

La question est constamment posée par les hommes de toute génération, engagés dans la lutte pour la liberté et la dignité mais, jusqu’à présent, demeure stérile tant que se trouvent aux trousses des défenseurs de patrie des aigles puissants qui traversent monts et vallées, loin de leur territoire immédiat, à la conquête du monde.
Est-ce là pour autant, face à cette dure réalité, entre les vautours locaux et ceux venus d’ailleurs, une raison de croire à la caducité de l’identité historique du peuple haïtien et, par extension, de la race noire ?
La réponse est inviolable. NON !

Quelle que soit la puissance de l’ennemi, l’Ordre naturel ne se soumettra jamais aux caprices, cannibales, fratricides, des uns et des autres. Le peuple haïtien, issu de la matrice de l’Afrique, accompagné de façon cosmique par l’esprit continental de la plus ancienne civilisation du monde, mise en péril et sous le boisseau, ne disparaîtra jamais, comme le voudraient les efforts en ce sens engendrés par ses ennemis.

De ce « que faire », jaillira l’Esprit plus puissant que tous ceux de la terre et de l’enfer, pour terrasser les incrédules, leurs bourreaux, leurs valets et leurs maîtres.

27 Mars 2020
Mike Joseph