J’ACCUSE ET JE PLAIDE

 

J’ACCUSE ET JE PLAIDE
Au nom de tous les miens

J’accuse les États-Unis d’Amérique d’être le premier responsable de l’étouffement d’Haïti.

Entouré et aidé de ses policiers, du core group, à la manière de Derek Chauvin, le genou appliqué sur le coup de son innocente victime malgré ses cris d’angoisse »Mama, I can’t breathe » ; les mains dans les poches, attendant le dernier mot, le dernier souffle, ce dieu aux dollars et aux yeux verts s’impose comme une mouche venue de nulle part.

Dès qu’il a fini de tuer, le crime constaté, le corps étant désormais sans vie, il se lève tranquillement, enlève ses gants et s’en va. N’est-ce pas le même scénario »made in USA » qui se reproduit depuis des années, depuis l’occupation d’Haïti par le grand voisin, si gentiment appelé »Oncle Sam » par ceux-là mêmes qui sont allongés au sol, ces corps sans âme qui attendent, comme le bétail, des miettes de fougères ?

De quoi sommes-nous obligés envers cet oncle pervers pour demeurer son protégé ? En faut-il plus pour renoncer à jamais à cette parenté ?

Il est clair pour tous que l’indépendance ou la souveraineté d’Haïti est et sera toujours contestée par »Oncle Sam », qui renie par nature, et le lien de famille et l’appartenance de ces neveux et nièces, à cause de leur couleur, pour lui qui est synonyme d’aversion. De ce fait, il est plus que temps de déclarer ouvertement autant que lui notre aversion, et de dire au monde que Haïti ne peut plus respirer, qu’il lui faut de l’oxygène et des soins d’urgence, car malgré tout il n’est pas encore mort ; mais que tout est perdu avec cet Oncle Sam indésirable, qu’il n’y a pas d’espoir dans son giron.

Je Plaide

Il y a tant d’hommes parmi les plus honorables capables de mettre sur les rails le développement d »Haïti. N’était-ce la cupidité des uns et des autres, en premier »Oncle Sam », sa politique de destruction, son racisme, HAITI ne serait en aucune circonstance à ce stade de pourriture et de sous développement.

Que vaut-il d’exister, à ce prix, quand le jeu ne vaut pas la chandelle ? En ces moments de déclin de la civilisation, n’est-il pas opportun de reprendre en main son destin ? L’Amérique n’offre rien de mieux à Haïti, que peine et désespoir. Tout autre choix indépendant serait davantage pertinent que de demeurer ce parent appauvri, agrippé, comme nous le sommes, aux collets d’un Oncle qui ne mérite point son nom.

Aucun autre d’entre les pugilistes du ring ne ferait mieux que Sam, ni ne ferait de nous des bienheureux. Ce

traitement que nous sommes en train de subir entre les mains de celui qui aurait pu donner le ton, comme partenaire de premier rang, je dis bien, ce traitement est un précédant insurmontable si nous demeurons à la remorque des puissances hégémoniques. Tous les autres en feront autant, sinon pire, s’il nous arrive de choisir entre l’enclume et le marteau. La seule alternative décente à laquelle s’agripper, c’est de se régénérer en marron et de reconstruire le projet Dessalinien, à savoir : opter pour un avenir peut-être lointain mais digne et reconnaissant.

Tant que se retarde cet effort national et citoyen, le chapelet perd de ses mailles et la fin est garantie. Car, les hommes sont ceux qu’ils sont. Leur perception ne change pas s’ils ne se voient confrontés à un obstacle d’ordre majeur. Et cet obstacle doit être la conviction de choisir entre vivre libre et authentique ou accepter d’être les gibiers de potence de ces hommes qui ne verront jamais en nous des humains de leur rang.

Cette civilisation n’a jamais été construite pour l’intégration de tous. Elle est le fruit de l’esclavage, de la colonisation forcée et des préjugés raciaux. À telle enseigne, que durant toutes ces années, au lieu de proposer une amélioration des conditions de l’existence humaine, elle est en train de la réduire à sa plus simple expression, au détriment de la majorité multiraciale, sous prétexte que celle-ci est de trop et représente un mal absolu qu’une minorité de nantis voudrait abattre comme du bétail.

Que faut-il de plus pour que les hommes s’arment de courage et défendent leur Patrie ? Celle liberté consacrée, que nous avons déjà acquise, la seule qui favorise au moins l’espoir, est en train de nous échapper pour toujours, si à temps, il en est encore temps, à force de ne plus rêver d’une identité propre, on la laisse à ce point s’échapper.

Je déclare que les puissances étrangères n’ont que faire de nos attentes, particulièrement les États-unis, et qu’il est temps de s’en passer. Au nom de l’humanité, notre humanité, le principe universel qui régit tout ce qui se donne pour boussole l’Esprit de la Création, Je Plaide en faveur d’un NON ! à la soumission, et d’un OUI ! au nationalisme purement haïtien..

Pour mériter sa vie il faut la construire, non la soumettre aux vœux et au bon vouloir d’un tiers ou d’un second qui se prend pour Dieu le père ; et qui se fait appeler Oncle alors qu’il n’a ni les qualités ni la compétence requise pour jouir d’une quelconque reconnaissance.

Bâtissons nos citadelles !
Oui ! nous pouvons !

15 Août 2020
Mike Joseph

15 Août 2020
Mike Joseph