Que « Marchons unis »ne soit plus un vain mot, une vaine espérance

AU PREMIER MOIS DE L’AN PREMIER DU NOUVEAU MILLÉNAIRE

Faisons les choses différemment

Reprenons nos chapeaux de paille plutôt que des képis

À César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

À la justice l’injustice, au citoyen le travail et la liberté.

En ce jour du premier mois de l’année, du nouveau millénaire, DEFI augure solennellement sa volonté et son inspiration de faire les choses autrement pour le bonheur de tous. Disons haut et fort, à nous-mêmes et au monde, que dès ce jour notre lutte et notre quête pour le mieux-être et le bien-être se feront avec tous, au foyer, dans la rue, avec tout ce par et pour lequel Haïti porte son nom. Car nous nous sommes rendus compte que bourreaux et victimes, coupables et innocents utilisent la même voie, les mêmes courroies, les mêmes couloirs et les mêmes scénarios pour revendiquer des droits pour lesquels ils se disent lésés.

Comme le dit cet éminent philosophe et penseur américain, monsieur Dale Carnegie – il n’y a pas plus claire vérité que ses propos – : « Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent l’homme se juge innocent quelle que soit l’énormité de sa faute. »

En analysant la portée de cet incontestable rappel, il ne nous reste que repli envers soi pour défaire le nœud de l’indécence et de la chaine qui nous gardent esclaves de nous-mêmes et des autres. De ce pas, allons vers les institutions plutôt que vers les hommes, et demandons à César de trancher: ‘’À qui profite le crime’’?

Cette énorme vérité sortie de l’esprit de Dale Carnegie donne avis à tout un chacun qu’il ne faut jamais compter sur la bonne foi d’un individu après qu’il ait commis une faute, un crime, espérant qu’il se juge coupable. On essaie toujours de trouver un motif responsable pour ses actions et ses malheurs. Personne ne veut croire qu’elle soit la source ou l’origine d’une mauvaise action, il lui faut trouver un bouc émissaire pour porter le fardeau.

S’il faut chercher pourquoi il y a tant de médisance sur cette terre, particulièrement dans notre pays, Haïti, n’allez pas trop loin pour trouver la réponse, cherchez-la en nous-mêmes. C’est parce que nous avons honte, et que quelque part un sentiment de culpabilité nous habite, dû à la lâcheté, au manque de courage, à l’impuissance et au déni.

Au lieu de reconnaître ses faiblesses, l’homme haïtien a choisi de sacrifier son frère à l’autel de la médisance. Au moment qu’il vous juge, nul n’étant pas parfait, l’homme oublie ses fautes personnelles, souvent mille fois plus condamnables que celles des autres.  Si elles lui étaient révélées dans la face, en toute connaissance de cause, son audace prendrait automatiquement le dessus, et là encore il évoquerait une raison pour se justifier. Par exemple, Comment comprendre le comportement d’un individu qui a la responsabilité de conduire une nation, celui-ci malgré sa piètre performance se réclame le droit de demeurer au poste pour une durée constitutionnelle, alors que son pays ne fonctionne pas.

Il est vrai que bien avant son arrivée les choses n’allaient pas bien, mais justement c’est pour cela que l’on fait des élections, selon la constitution, pour réparer les dégâts causés par l’arbitraire et l’incompétence, afin d’améliorer les conditions de vie d’une population victime de tant de méfaits et d’abus de toutes sortes.

Si depuis que Monsieur est au pouvoir cela s’est empiré, la constitution elle-même contient des clauses qui exigent que celui-ci, le chef de l’État, soit responsable de ses actes, accusé, condamné et, s’il est trouvé coupable, de se retirer du poste pour lequel il a reçu honneur mais qu’aucun mérite ne lui est reconnu.

Il n’est pas trop tard. Il ne sera jamais trop tard pour bien faire.

Pour reprendre l’année qui vient à peine de commencer mais qui déjà annonce les couleurs, avec le nouvel ordre mondial qui exige de chacun un savoir-faire, un doigté exemplaire pour ne pas sombrer dans la désillusion et la fatalité ; à cette heure critique quand la dépopulation programmée est une feuille de route sans condition, sans préavis, personne ni aucun pays du monde, pris dans le jeu du self-défense, ne viendra au secours d’un peuple incapable de se défendre proprement.

DEFI invite les chefs de file à se donner les moyens de leur politique, à utiliser le langage et le comportement appropriés pour la circonstance, l’arme de la dialectique, pour se faire des adeptes, de nouveaux amis et des complices parmi les haïtiens, les étrangers et l’Internationale, face à nos défis séculaires, ceux pour lesquels l’ouïe, la vue, l’odorat, le goût et le toucher restent fermés. Ces cinq sens de l’être, ceux par lesquels nous sommes toutes et tous reconnus au nom du Créateur, comme étant des êtres vivants et savants, non des objets stériles ou des animaux aux venins mortels qu’il faut garder loin de toute civilisation, ces cinq sens se parlent entre eux et exigent l’adoption de consensus et d’une nouvelle forme de politique en vue d’obtenir des résultats certains mais non un certain résultat.

Marchons unis ne doit pas être un vain mot reprononcé pour le plus haut des cieux. Il doit être sollicité pour la résurrection de cette liberté conquise mais bafouée et presque enterrée au fil des années. Que la loi universelle prenne charge de nos plaintes et nous guide vers la jouissance de nos droits et de nos pertinents désirs. Marchons unis. Que règne la justice et non les hommes !

27 Janvier 2021

Mike Joseph