LE VIDE À COMBLER

LE VIDE À COMBLER

LE GRAND DEFI

c’est de retrouver les restes de Dessalines.

Où donc les trouver ?

Trouvons-les.

Dans ce pays de Mécènes, de vertueux stériles, apprivoisés, d’autorités sanguinaires et de corrompus, jusqu’aux os; la matière à travailler doit sortir du sous-sol comme toute autre matière à trouver pour joindre l’utile à l’agréable.

Dans notre cas, pris au dépourvu à chaque sursaut, à chaque élan de liberté l’indécence croise notre chemin et emporte l’armure, le bouclier qui jadis entourait l’espace souverain. A la question posée en titre et en sous-titre (…) encore là, la nature ayant horreur du vide, la réponse viendra d’elle-même.

Les discours couvrent les rues, occupent à flot les palais, les médias; convient au dialogue les ayants droit alors que la majorité, la population, ne s’y retrouve pas et cherche toujours un messie qui lui ressemble, en qui elle vouerait sa foi et sa confiance perpétuellement abusée.

De ce vide persistant, audacieux, pervers et troublant, dont la nature a horreur, sort le cri de la honte, de l’horreur, et de la faim qui tenaille les entrailles des vieillards, des jeunes, des adultes, et même des nouveaux nés.

Tel seigneur fait la rhétorique, un verbe à nul autre pareil – en guenille, à cravate ou en costume; le sexe presque gratuit, au rabais, se fait à chaque pas – dans un coin de rue, sur une toiture en tôle s’il le faut, même quand celle-ci risque de s’écrouler, pour éviter le goût des voyeurs, pour un morceau de pain.

Tout abus ou excès devient norme, en l’absence d’un État qui aurait dû, mais qui s’en fout; à l’intérieur duquel se pratique le vol institutionalisé, des officiels qui se parent de courtoisie corruptrice et de civisme gangstérisé. Et tous nous attendons la main du sauveur, le jour du grand sauvetage, pour balayer les rues, peindre les maisons nues et dégager les rigoles de leurs puantes ordures. Découragés et incrédules, sans repère, tous se préparent à dire adieux à leurs moutons.

Dans ce spectacle macabre et indigne, un miracle est souhaité.

De loin, les regards scrutent l’horizon à la recherche d’un nuage sur lequel serait assise une silhouette ressemblant à un saint ou à un dieu quelconque porteur d’une ardoise sur laquelle serait inscrits les dix autres commandements précurseurs de la venue du Christ. Tandis que le miracle se précise sur terre, un muet samaritain, sans ornement, sans accoutrement fossile se vautre confiant parmi le nombre et convainc par le geste qu’il est l’élu d’entre les plus virils, apportant avec lui la parole libératrice, celle que les saints et les dieux de notre histoire savent prononcer lorsque gronde la bête épouvantée.

En ce temps-là, nul n’a plus tort que celui qui se croit plus adroit ou rempli de lui-même, sous un verbe maquillé sous lequel se cache l’écho du vide. En effet, c’est ainsi que paradent les guédés en plein jour, fossoyeurs invétérés de leur propre tombeau, prédisant un avenir au rabais.

Ce simple citoyen aux vertus nobles et sincères vient dire aux désespérés de reprendre confiance aux promesses de Boukman, car de ce couloir étroit la patience donne du fruit au tournant du décompte.

Ainsi se vide le temps des abrutis, ce temps devenu vide aussi parce qu’il a trop duré.

L’élu tant attendu est là parmi vous, parmi nous, celui qui par bonheur se fait tout petit parmi les grands bonnets de la geste politique, celui qui se voit grand berger au milieu du troupeau; une canne à la main en guise de bonjour pour rappeler aux humains la sagesse du Roi Salomon, lorsqu’il disait au terme de son règne, que « Vanité des vanités, tout est vanité. »

Très humblement drapé du drapeau de DEFI en toute circonstance; tantôt vert pour l’espérance; tantôt blanc pour la paix; tantôt bleu pour la grâce, tantôt or pour les désespérés, il lance le message suivant pour tous les défis bicentenaires, d’avant, de maintenant et de tous les temps à venir. Réunies sous le soleil d’Haïti, toutes les forces du vécu et celles de la justice universelle nous accompagnent dans la détermination ponctuelle de l’homme africain et de l’homme haïtien à se libérer des chaînes de la déshumanisation.

Ne soyez pas rebelle à l’appel du destin, le temps fera son œuvre.

08 Février 2021

Mike Joseph