…QUI SE RESSEMBLENT S’ASSEMBLENT MAIS NE S’ASSOCIENT POINT

Jusque-là çà a l’air de mieux aller puisque hier on ne se parlait pas ou presque. Ce qui fait défaut en dehors des manifestations sociopolitiques contre le système pourri dans lequel nous sommes toutes et tous engloutis, c’est que plein de bipèdes comme nous, classés par des hommes eux aussi au rang des animaux dénués de raison, et même des mille-pattes, s’entendent entre eux pour construire leur palais, leur château, pourquoi pas ? (Leur royaume) dès qu’ils en sont privés. Tandis que nous plus de dix ans après la catastrophe du 12 janvier 2010, certains parlent de génocide, nous nous battons toujours reconstruire tout simplement un palais. Ce n’est pas si important puisque celui qui s’est effondré n’était pas le résultat de nos efforts communs mais l’œuvre charitable du maître de nos vies et de nos biens…

Revenons à nos moutons. Je disais que, ces animaux sauvages, ces bêtes de sommes pour la plupart s’associent pour défendre et nourrir leur territoire chaque fois il y a déluge, tempête ou catastrophe. Ils ne se lassent jamais, ils recommencent avec la même fougue, la même allure sinon plus d’énergie, comme si pour eux c’est une règle, une loi incontournable qu’ils ne pourraient écarter.

Ces animaux si bêtes dont le langage est silencieux et inaudible pour l’homme, ne sont-ils pas en train de nous renvoyer, à Confucius et à Jupiter (HUMANITÉ ET DIEU), de nous dire que « la raison a ses raisons que la raison ignore », que l’esprit humain a ses propriétés qui ne dépassent pas la dimension visible du cerveau, alors que le cerveau de l’être en général, de l’homme en particulier, ne se mesure pas pour tous de la même façon ?

Ce propos sujet(…) mis en tête de page et adressé à qui de droit, est probablement désigné aux bien-pensants mais ne répond pas à lumière de l’esprit, qui aurait voulu que les humains soient plus aptes à répondre à leurs besoins que la plupart des animaux. Particulièrement les mille-pattes.

Autrement dit, pourquoi irait-on s’associer avec des gens qui nous ressemblent dans le malheur, mais qui se tiennent à distance et se retirent sur la pointe des pieds une fois que la passerelle leur est tendue, quand ils trouvent moyen de s’en sortir, nous laissant seuls dans le pétrin?

Jouer au bon samaritain est une faveur du ciel, qui permet une certaine disposition à secourir les autres mais pas à leur donner ce que l’on a reçu d’en haut ; car la création donne elle-même à celles et ceux qui ont besoin de ses dons inaliénables.

Traîner derrière soi un fardeau humain entraîne inévitablement une disproportion en termes d’équilibre, qui finit tôt ou tard par désorienter celui qui se donne cette charge.

S’il faut secourir un proche ou un ami, faîtes-le toujours en gardant une certaine distance si vous n’êtes pas tous les deux sur la même longueur d’onde, sinon gare à vous or le précipice n’est pas loin pour vous deux. Souvent, le bon samaritain perd la pédale, tandis que le secouru trouve sa voie et fait à grand pas son chemin sans se retourner un seul instant pour s’enquérir de l’état ou de la santé de celui qui l’avait porté sur son dos. L’homme est ainsi fait. Sauf exception, justement, lorsque les deux, celui qui donne et celui qui reçoit, sont de même acabit. Quel raisonnement ! C’est à se demander si l’évidence est à ce point préjudiciable en matière de calcul et d’action, pourquoi même une seule petite fourmi n’en connaît point le luxe ?

Voici là toute l’importance et la clarté du propos. Se ressembler et s’assembler ne devrait pas être une hypothétique assertion, elle devrait se reposer sur une équation qualitative plutôt que quantitative, pas trop embarrassante ni difficile à porter.

J’ose dire que l’humain est le pire animal d’entre les animaux, et souhaiter que toute personne désireuse d’assister son prochain ne devrait se questionner sur la validité de son action, se poser des bornes pour ne pas franchir les limites qui dépassent la sécurité personnelle.

S’il faut espérer qu’un jour nos frères et sœurs haïtiens soient en mesure de voler de leurs propres ailes, sans recevoir d’aide de l’extérieure, de leurs parents et de leurs amis de la Diaspora, ceci passe par la renaissance de l’homme haïtien en dehors des griffes qui le retiennent prisonniers son histoire.

Concernant le bon samaritain, nous le constatons toutes et tous, au lieu de manifester une certaine reconnaissance envers les haïtiens de la Diaspora, parmi eux des malfrats, au contraire, se sont inventé une autre forme de souffrance, le kidnapping, pour dépouiller les haïtiens vivant à l’étranger de ce qui leur reste de moyens. A bien mesurer la situation, on se demande que faut-il donc espérer de bien de cette assistance, sans condition, jetée dans des puits à fond perdu : La borlette, la bière, la prostitution étant les principales sources de dépenses et de gaspillages qui absorbent les milliards de dollars us qui rentrent en Haïti sous prétexte d’aider celles et ceux qui sont aux prises avec les gestionnaires des fonds publics responsables de l’État et de l’Économie en Haïti. N’y a-t-il pas lieu de croire que cette politique réfractaire au changement est faite de main de maître pour que les haïtiens demeurent toujours des handicapés économiques et mentaux ?

Les maisons de transfert font leur beurre sur le dos des expéditeurs et des receveurs. Des millions de dollars sont collectés en frais exagérés durant un transfert. L’État ne dit rien et en profite largement; Les économistes ne disent rien parce qu’ils ont peur de perdre leur notoriété et leur potentielle nomination; le peuple ne dit rien et subit l’entorse parce qu’il n’est pas informé de la gravité de tout ce complot; le monde s’en fout car directement ou indirectement ce sont ses riches partenaires qui sont aux commandes.

Si les haïtiens et les haïtiennes se ressemblent vraiment pourquoi n’arrivent-ils pas autant à défendre leurs intérêts communs, en Haïti et au-delà des frontières, dans la Diaspora ?

Il y a là quelque chose qui ne passe pas et qui ne va pas dans le sens de la logique, en ce qui a trait à la prétendue aide octroyée à Haïti par les étrangers et ensuite par la Diaspora. En fin de compte, les vrais coupables ce sont nous de la Diaspora, parce que nous aurions pu faire mieux en dehors d’Haïti où le terrain est propice pour l’éclosion d’une pensée radicale en faveur du pays commun.

Rien de notre part, rien n’est exigé en retour pour les millions de sacrifices engloutis par le pays qui aurait dû s’organiser afin de nous soulager de cette interminable incohérence. Il est temps de mettre la pression sur l’État haïtien afin que cette aide devienne rentable, à partir d’une gestion administrative industrieuse et éclairée. Même la prime enlevée sans le consentement des uns et des autres, le $ 1.50, aurait pu donner des résultats tangibles, si la Diaspora voulait vraiment défendre ses intérêts et ceux des leurs.

Que faut-il encore espérer pour Haïti, lorsque les haïtiens de la Diaspora, eux-mêmes, ne sont pas capable de se rassembler et se prononcer pour défendre leurs intérêts communs, au-delà des frontières, et ceux compilés sur l’Ile d’Haïti où ils rêvent de finir leurs vieux jours ?

…qui se ressemblent s’assemblent mais ne s’associent guère – est un fait évident, l’expression d’un malaise qui dure au-dessus des espérances.

 

Je Plaide

04 Mars 2021

Mike Joseph