FRANÇOIS DUVALIER la réminiscence suspecte

…le spectre d’une autorité incontestable

N’ÉTAIT-CE PAS DÛ À DES CIRCONSTANCES SIMILAIRES, SINON PIRES, COMPARÉES A CELLES D’AUJOURD’HUI, QUE DUVALIER À CRÉÉ LES VSN (Volontaire de la Sécurité Nationale) ?

Avant de continuer sur cette lancée j’avise sur ma disposition à confronter qui voudrait mettre sous le boisseau, comme d’habitude, les velléités des uns et des autres à trouver un peu de lumière pour cette période de traversée d’enfer.

À mesure que le temps passe la société mondiale en général ne peut s’enorgueillir de vertu ni de confiance en l’avenir. Les choses ne se sont pas améliorées, surtout sur le plan humanitaire. Et cela signifie que ce qui se passe partout dans le monde aujourd’hui est le résultat de ce qui se passait avant. Dans la même veine, ce qui se passe en Haïti actuellement, si c’est la conséquence de ce qui se passait avant, donc nul ne peut prétendre que le Dr François Duvalier n’était pas le produit d’une politique antérieure. Ainsi de suite, la constatation est la suivante : Haïti et les haïtiens sont aujourd’hui dans une situation sans précédent, pire que tout ce qu’ils avaient connu auparavant. Pas seulement à cause de Duvalier, mais en tout et partout la résultante d’une politique globale qui poussait chacun de nos chefs d’État à se fendre en quatre et à se défendre pour résister à une force qui détruit tout sur son passage. Particulièrement l’arbre de la liberté jusqu’à ses racines, le socle sur lequel repose la nation haïtienne.

Bien avant et jusqu’à l’arrivée de Duvalier, sans aucun doute, la classe politique haïtienne jouissait encore des fruits de l’esclavage, pratiquait et conservait tout le réflexe bourreau des anciens maîtres. Nul n’a besoin d’avoir été témoin oculaire pour comprendre le niveau de frustration que vivait tout sujet haïtien ayant survécu aux humiliations et mauvais traitement offerts par les autorités haïtiennes ayant remplacé dans la complicité les anciens colons. Au règne de François Duvalier, la seule différence c’est qu’il avait trouvé la formule autoritaire qui lui garantissait au moins le respect citoyen du drapeau national. Un pas de géant quand on sait que certains pays, soi-disant amis aujourd’hui n’ont pas voulu pendant plus d’un demi siècle reconnaître le drapeau haïtien comme symbole indestructible de sa liberté. N’avons-nous aucune idée de ce que cela voulait dire durant cette période et pour les dirigeants et pour le citoyen ordinaire ? Par la suite, tout prouve que les pays avec lesquels Haïti a des relations bilatérales n’ont fait que profiter de sa fortune sans se soucier de son intégrité physique, sociale, humaine, politique et économique. A telle enseigne que le drapeau par la suite ne signifie plus rien pour eux, au point qu’ils violent au quotidien son territoire. En un mot ils n’ont jamais reconnu ni de fait ni de diplomatie l’existence d’Haïti en tant que nation. Tout homme d’État haïtien qui se respecte aurait dû prendre en compte le passage de son prédécesseur et faire un rapport détaillé à la nation sur l’héritage politique laissé par ce dernier, avec lequel il devrait tenir audience continuellement pour asseoir sa légitimité patriotique. Au cas où il aurait rencontré de graves difficultés il ne devrait point continuer à siéger comme premier citoyen s’il ne l’est pas en son entier. Tout indique que le drapeau national ne vaut plus rien même pour les dirigeants haïtiens, tant au départ ils ont accepté consciemment de le souiller dès que l’ordre leur aura été délivré. Si vrai que lors des dernières commémorations de l’indépendance d’Haïti le bleu et rouge a subi pour la première fois, par son propre et premier gardien, un revers qu’il n’a jamais connu même aux temps de ses pires combats. Il a été conduit aux mats avec les armoiries pointées vers le sol, signe de mépris ou de négligence impardonnable, que transpire la nomenclature. Dieu soit loué, il semblerait que l’esprit de Dessalines veille encore sur la nation haïtienne, et à temps il s’est manifesté dans la tête d’un citoyen qui a crié : Autant ! et on a remédié au tort, juste avant que l’irréparable aurait été commis.

Quoiqu’on dise, la paix, telle que nous le voudrions maintenant alors que nous sommes toutes et tous coincés dans l’anarchie, même cette paix dite de cimetière observée sous le règne des Duvalier pendant 28 ans, elle ferait figure de parent riche face à cette puanteur innommable entretenue par cette horde de bandits légaux. Jusqu’au jour où l’aigle avait décidé de se piquer et d’emporter avec lui Duvalier comme butin au royaume des sacrifiés, Haïti avait encore l’allure d’un pays, car avec Duvalier j’avais la chance de saluer le drapeau, mon drapeau, chaque matin avant que commence la journée. N est-ce pas là un signe fort de leadership consommé ?

À partir de ce moment, quand l’Aigle s’est piqué, les choses ne seraient plus les mêmes. En chute libre, les sociétés américaine et haïtienne ont atteint leur plus bas niveau de dérision à la même période. Dès 2011 Haïti est devenu orphelin; et en 2016 c’était au tour des États-Unis de subir les conséquences de ses forfaits en élisant sur son trône un ignare, stupide et grotesque président qui allait de pair avec celui qui ne pouvait selon la constitution haïtienne obtenir un second mandat, mais qui en réalité avait placé son poulain sur la chaise présidentielle en Haïti, tout en continuant d’être le véritable président; le seul à décider de tout ce qui se rapporte à l’État haïtien. La nature ayant horreur du vide, ces deux larrons, l’un au nord et l’autre dans les caraïbes, ils ont entraîné leur pays dans une hécatombe que seul un Duvalier ou un Abraham Lincoln aurait l’ossature mentale et biologique pour la redresser.

Je m’attends à ce que les ennemis(es) de Duvalier et de son régime profitent de l’occasion pour cracher leur hargne sur mon adresse, mais je me suis préparé à affronter la horde car l’heure de la vérité a sonné, pour qu’enfin il y ait un débat éclairé à ce propos.

Avant même que commencent les travaux architecturaux de la Grande Conférence Nationale Haïtienne, l’autopsie du régime politique du feu docteur François Duvalier et de son fils Jean Claude Duvalier doit être assurée, l un et l autre, l un ou l autre, seront définitivement disqualifiés sils sont trouvés négligeables par défaut; ou obtiendront reconnaissance pour les 28 ans de paix qu’ils avaient procurée à leur pays. Cette paix de cimetière, selon certains, serait tellement appréciée en lieu et place de l’anarchie qui sévit dans la République. Pour la première fois dans l’histoire de ce pays, des cancres sont devenus maîtres des vies et des biens. Je n’aime pas utiliser le terme « bandit légal » puisque sous Duvalier les hommes en bleu étaient eux aussi des bandits légaux. Sauf qu’ils exerçaient leur métier avec un uniforme reconnu par l’État haïtien, en parallèle à la force militaire officiellement établie par les autorités haïtiennes bien avant l’arrivée des Duvalier.

Si les moyens étaient là, ne serait-il pas approprié et permis de reconduire une force autant nationaliste et paramilitaire que celle de François Duvalier ? Qui oserait à partir de ce vide absolu où la seule force légale d’Haïti, la police nationale d’Haïti, étant contrôlée par l’internationale, n’a aucune marge de manœuvre ni la volonté de répondre à la vocation pour laquelle elle porte l’uniforme.

Ceci dit, confronter l’histoire en faisant l’autopsie du duvaliérisme ferait plus de bien à la société en général, quand sans aucun doute un tel acte affecterait un grand nombre de victimes des sbires des Duvalier durant la période allant de 1957 à 1985.

Nul n’a le monopole de la vérité. À tort et/ou à raison, exhumer les morts en plein jour et évoquer les non dits sur le douloureux passage de ces deux hommes, nous le savons, cela ne saurait se faire sans cris.

Je Plaide
13 Octobre 2021
Mike Joseph