LES DRAPEAUX DU MONDE TREMBLENT À L’UNISSONS

LES DRAPEAUX DU MONDE TREMBLENT À L’UNISSONS et saluent le drapeau national d’Haïti.

Utopique sentiment ou réalité suggestive ?

 

Enfin, pour la première fois, tous les drapeaux du monde se reconnaissent en même temps comme symbole inaliénable solidaire à H’aïti.
Fallait-il un autre Boukman Dutty pour remettre au mât de l’histoire la conscience haïtienne ?
En la personne de Wilson Joseph, alias Lanmò san jou, l’histoire se répète et attire le regard sur le martyr haïtien.

Le peuple d’Haïti réduit à sa plus vile expression ne savait plus sur qui compter pour exprimer sa rogne et son ras-le-bol des excès, abus et discrimination commis à son égard. Durant toutes ces années, 217 ans après son indépendance Haïti souffre toujours, plus que jamais, de mauvais traitement et d’esclavagisme de la part de ses plus proches voisins. La république dominicaine en première ligne, servant de courroie d’intervention et de discrimination aux autres alliés du colonialisme sauvage, se porte garante de ces excès et de cette décente aux enfers, en chute libre, d’Haïti. Les dominicains sont allés jusqu’à dénaturaliser leurs propres citoyens, simplement parce qu’ils sont de parents haïtiens. Que faut-il de plus pour comprendre que l’homme haïtien au regard du monde est un pestiféré qu’il faut à tout prix éliminer du rang des humains ?
Aujourd’hui par l’action ultime, encore une fois, Lanmò San Jou a dit son dernier mot. Car il en a eu marre de la léthargie des haïtiens, de la complicité des autorités du monde, de son monde, dans l’exercice d’un cannibalisme politique, économique et social. Celles et ceux qui ont compris son action, à sa juste valeur, peinent à l’applaudir ayant peur des représailles qui s’ensuivraient. Son action demeure toujours symbolique jusqu’à cette heure, n’ayant pas commis de crime en captivant le regard de ce qui représente pour lui le nœud gordien dans la redéfinition d’un rapport de force géopolitique entre Haïti et le reste du monde, l’attention du plus puissant prédateur des temps modernes, les États-Unis d’Amérique, le policier du monde, lequel lui a mis le genoux sur le cou pour qu’il meurt.
Ne pas pouvoir ou vouloir dire la vérité et agir, au moins la vérité, dans de telles conditions signifie accepter son sort et se reconnaître dans la catégorie de bétail, bon à abattre, sans considération aucune pour le droit et la liberté acquise au prix de grands efforts, au prix du sang et des nombreuses victimes de la guerre contre l’esclavage.
Ce faisant, Lanmò San Jou et ses camarades, désespérés, ont choisi de s’immoler en grand caractère devant le refus des ploutocrates nationaux et internationaux à respecter le droit et l’insigne républicain du peuple haïtien dans toute sa dignité.
Tout homme doué de bon sens devrait s’associer à l’esprit de Lanmò San Jou et lui demander de libérer les otages car il a déjà accompli ce pour lequel l’histoire lui sera éternellement reconnaissant: Dire au premier chef que c’en est assez !
Ce sacrifice lui vaut les honneurs des souverains, et la souveraineté nationale d’Haïti vient de dire à ses ravisseurs que tout pour lui n’est pas perdu. S’il décide d’aller plus loin dans sa requête ne lui tenons point rigueur car il faut comprendre sa douleur. Mais en libérant les otages il ferait preuve d’humilité malgré la grivoiserie et la méchanceté des hommes qui l’ont conduit et forcé à devenir ce qu’il est vraiment : un otage qui s est libéré tout seul et a libéré sa conscience de l’étreinte raciste et criminelle des esclavagistes. Comme l’avaient fait ses ancêtres africains avant l’Indépendance d’Haïti, Lanmô San Jou s’est placé au dessus de la mêlée.
Cher compatriote, si tu as commis un ou des crimes, que Dieu te pardonne. Tu es le seul à savoir combien tu as souffert, de quelle hauteur tu as suivi ce courant pour en arriver là. Quoiqu’il advienne, ton nom restera gravé à jamais dans le grand livre d’Haïti.

28 Octobre 2021
Mike Joseph