QUAND LA LUMIÈRE S’ÉTEINT tout feu est légitime

QUAND LA LUMIÈRE S’ÉTEINT ET NE S’ALLUME PLUS
tout feu est légitime

Tout feu, tout flamme fût un jour le soleil dans sa splendeur originelle, à côté des étoiles du ciel que l’on voyait rarement le jour, mais qui brillaient la nuit. Devenu si sombre brusquement ce ciel de nos ancêtres, que ces étoiles s’éloignent de nos terres autant que le soleil se fait timide au gré des circonstances. De Paris à Londres, entre les cinq et huit continents l’homme est désespéré dans sa quête d’incentives, et fait de l’aventure son mobile d’espérance. La confiance perdue dans la foi religieuse, dans le règne des humains, dans les pouvoirs terrestres, dans le pouvoir céleste – qu’il s’appelle Pape, Abraham, Salomon, Alexandre ou Juda, on s’en fout. Jésus ne revient plus, c’est presque l’hécatombe. S’il revient en ces termes, il risque un second terme auprès de Barabbas, ce qu’il ne voudrait point pour rien au monde, ce monde tant perdu que le ciel s’épaissit. Que va-t-il se passer dans les jours à venir, quand bien même que le soleil revienne si le ciel lui fait la moue. Le temps n’est-il pas venu d’offrir du café à tous nos disparus, pour qu’ils viennent nous dire que leur monde est meilleur, de ne pas avoir peur de l’heure du grand départ.  »NE SOYEZ PAS CRAINTIFS, LA FIN EST UTOPIE. » quelle bonne nouvelle, quelle réponse attendue, car Dieu serait méchant si tel n’était pas le cas. Là où nous sommes, il ne mériterait pas d’estime si la fin était définitive après toutes ces souffrances. Là encore il ne faut pas oublier, qu’avant les morts un certain Shakespeare l’avait dit tout haut à qui voulait l’entendre. L’immortel Shakespeare, le poète, l’écrivain, le célèbre prophète des savantes écritures du livre des mondes, semblait vouloir nous dire que tout est foutaise,  »vivez que diable » :  »La vie est un vaste théâtre où chacun joue son rôle et s’en va !  » Mais quand et où, c’est là que le bât blesse.

On s’est fait calibrer durant toutes ces années, comme des petits pains chauds mis au four de bonne heure la nuit, avant que se lève le jour sur les folies mondaines. Ces fous qui se prennent pour des rois éternels, de leurs fieffés mensonges que restera-t-il donc à prouver sur l’horreur. Tant ils sont véreux, tant ils veulent durer dans leur cécité qu’ils croient être de la sagacité.

Si vous croyez en eux après toutes leurs bévues, moi je vous conseille d’aller voir un devin. Il vous dira sûrement de remettre en question ces lampadaires éteints, ce moteur brûlé, ces pièces déréglées perdues dans la nature ; qu’il faut trouver du bois, de la cire et du coton, pour faire des chandelles. Car le gaz s’est épuisé, les lampes de jadis pleurent la désuétude. Le ventre vide leur mèche ne s’allume plus.

Tout ce qui est suifé peut servir de torche et d’allume-feu, aux trousses des vampires, pour chasser les vautours en quête de cadavres.

La lumière du monde en train de disparaître n’est plus dans l’espérance d’un retour du divin, mais plutôt dans la flamme d’une bougie allumée. Fabriquée par nous-mêmes artisans de l’éveil, le soleil reviendra un jour dans notre planète jusqu’à l’éternité.

Quand la lumière s’éteint, tout feu est légitime. Le jeu vaut la chandelle.

05 Novembre 2021
Mike Joseph