SAISON DE CHASSE A L’ANNÉE LONGUE POUR LES BANDITS LÉGAUX

SAISON DE CHASSE A L’ANNÉE LONGUE POUR LES BANDITS LÉGAUX

Chaque jour, des citadins sont pris en chasse et se font tuer comme du canard sauvage dans les rues de Port-au-Prince, du nord au sud, de l’est à l’ouest et aux entrées de la capitale haïtienne. La principale ville du pays, Port-au-Prince, est devenue une enclave, une sorte de camp de concentration où personne n’est à l’abri d’une balle mortelle de fort calibre, ou de kidnapping érigé en système. Qui voudrait vaquer à ses occupations se donne un billet sans garantie de retour vers la maisonnée, laissant plus que souvent parents et amis sur le qui vive. Aucun signe de la part des responsables de l’État, ceux-ci se faisant passer pour des autorités légitimes, alors qu’ils n’exercent aucun rôle de soutien et de sécurité auprès d’une population livrée pieds et poings liés aux mains de bandits devenus légaux par la force des choses et de leurs armes plus sophistiquées que celles des forces de l’ordre. Pas même un communiqué musclé de leur part, qui aurait pour motif la contribution et la mobilisation du peuple dans la recherche de solutions aux graves problèmes auxquelles il est confronté depuis une vingtaine d’années, depuis l’avènement des chimères et des bandits légaux. Dans de telles circonstances, tout gouvernement non complice de cet état de fait aurait fait appel à la population et aux forces disponibles, internes et externes, en vue de réduire à néant ce monstrueux fléau qui a déjà fait des racines. Enveloppée de barbarie, cette société qui a tant brillée aux yeux du monde par son histoire légendaire est en train de s’effondrer. L’attitude indigne et désintéressée de la part des membres du gouvernement indique clairement qu’ils font partie du problème, et que la solution ne viendra jamais de leur côté.


Cette politique d’abattage et de tuerie sans cesse, depuis tant d’années, pour empêcher la libre circulation des vies et des biens – entreprise établie au cœur du pays pour apeurer une population en quête de justice, cette politique, dis-je, a pour fond le gaspillage des fonds Petrocaribe et la volonté des complices de l’Internationale à garder Haïti au niveau de basse-cour.
Dans aucun des pays du G20 de tels faits ne seraient tolérés. Pourtant dans les pays du tiers monde, particulièrement en Haïti où c’est un phénomène nouveau, il s’avère acceptatif que le monde assite à la dégénérescence de l’homme noir, au profit d’une pseudo-civilisation qui n’a que faire de sa culture ni de la couleur de sa peau. Aux États unis, au Canada, dans n’importe quel pays où la vie est considérée comme valeur absolue, si on tue un oiseau ou n’importe quel animal (un pigeon, un canard, une hirondelle – un écureuil, un chat, un chien, ( »sauvage ou non ») on risque la peine de mort. Dépendant de l’humeur d’un juge ou d’un simple témoin, là encore selon que le coupable soit blanc ou noir. Tandis qu’en Haïti, tuer, assassiner, kidnapper des passants, de paisibles citoyens, est une affaire d’État et de diplomatie, pour garder un pouvoir et faire de l’argent au détriment de tout le peuple. Pour ces diplomates et leurs bourreaux, c’est normal quand il s’agit de nous ; mais c’est osé lorsque cela se passe chez eux. N’est-ce pas là un indice complet de complot national et international contre Haïti ?
Notre pays, Haïti, particulièrement la capitale haïtienne est divisée en zone de droit et de non-droit. Le nord, le sud, l’est et l’ouest sont coupés du monde. Entre l’ouest et le sud, à partir de portail-léogane, ce sont:  »village de dieu » d’une part, ayant à sa tête le nommé Izo qui opère au grand jour, ouvre et ferme la circulation comme bon lui semble; d’autre part, c’est  »grand ravine » avec le nommé Tilapli comme chef suprême dans les hauteurs dominant le littoral. C’est la paralysie totale quand les deux s’entendent pour bloquer le pays. N’en parlons pas pour le nord où un certain 400 marozo sert de paravent aux pilleurs étrangers qui, dit-on, exportent la richesse du sous-sol haïtien avec la complicité des hommes du pouvoir. Des noms sortis de nulle part. Des noms qui autrefois abritaient les mornes et n’osaient venir en ville, tellement ils étaient en guenille, se pavanent armes à la main en quête de gibier. Aujourd’hui, ils sont maîtres et seigneurs, faisant la loi et approprient les biens d’autrui. Ils font semblant de se battre contre un État qui n’existe plus depuis l’arrivée de PHTK, dont Michel Martelly est le chef incontesté de tout le personnel politique au pouvoir. Il s’est lui-même déclaré chef des bandits légaux, et jouit de ses forfaits en toute impunité, accompagné de députés, sénateurs et de policiers comme gardes du corps. Vous et moi nous ne le savons pas ? Que faisons-nous pour défendre nos droits ?
Voulant mettre un terme aux tentatives de procès contre les dilapidateurs du fonds Petrocaribe, dont il est le plus grand des indexés, Michel Martelly et consorts se donnent les moyens de leur politique, prêts à aller en enfer s’il le faut avec tous ceux qui se mettent en contre faux sur leur route. Malheur à ceux qui en parlent, mort et continuité dans le crime, quelque soit le prix à payer.
Jamais de mémoire d’homme la république d’Haïti a vu à sa hauteur politique, un tel psychopathe, ni de tels énergumènes. Il faut vraiment haïr les siens et soi-même pour arriver à ce stade de destruction, à vouloir la perte de tant de vies. Salir autant l’image d’un pays, par le vol, l’immoralité et l’éclatement de son État, demande beaucoup de sang-vergogne dans les veines, et dépasse de loin le rêve d’Hitler de se débarrasser de la race Juive mise en holocauste. Martelly est le type parfait du psychopathe débile.
Nos voisins du nord et de la frontière, pour qui Haïti représente la cour arrière, ne font rien pour nettoyer et enlever les déchets que eux-mêmes ils y ont incessamment déposés. Entre ces rougeurs et emblématiques pourritures de la prétendue civilisation, juste à côté, à quelques pas sur terre et sur mer de la route qui mène vers Haïti, le monde voit se dérouler une scène horrible de génocide spectaculaire, en plein 21ème siècle; et il se ferme les yeux, tolère, accepte et protège les bourreaux sans lever le petit doigt. Que voulons-nous de plus comme preuve tangible, pour déduire sans hypothèse qu’ils sont tous les propriétaires et complices de ce qui nous arrive ?
Livrés à nous-mêmes il s’avère urgent et nécessaire que les haïtiens du monde entier s’organisent pour mettre fin à l’hégémonie ennemie. Ce n’est plus une question d’État. C’est une affaire de société où chacun a le droit de se défendre, de défendre sa vie et celle de la population haïtienne, trop légitime par ses conquêtes pour se laisser éradiquer ou effacer de la carte des nations. La mémoire de Charlemagne Péralte doit surgir dans la tête de l’homme haïtien. il doit se mettre en branle pour sauver ce qu’il lui reste de son patelin.
Ce n’est plus le temps du marronnage. La résistance et le combat sont à l’ordre du jour et doivent se faire sur tous les fronts. A l’assaut des auteurs, des bandits légaux, des autorités de l’État et de leurs complices. Sans ménagement aucun. Mettons fin à l’horreur, à la politique discriminatoire, dans tous ses aspects, nationaux et internationaux, pour rebâtir ce seul pays qui est le nôtre, qui nous appartient de droit par le sang. Que la vie s’arrête pour tous en Haïti si elle ne peut s’accorder en faveur de tous. Tous les consulats, les ambassades et les missions diplomatiques doivent fermer leurs portes; tout le corps diplomatique doit quitter le pays et s’en aller. Car ils se sont montrés indignes et ténébreux.

Je Plaide
29 Décembre 2021
Mike Joseph