DEFI LE NOEUD COULANT DES ACCORDS

DEFI
LE NOEUD COULANT DES ACCORDS

« Un nœud coulant est un nœud permettant de serrer une corde autour d’un objet : plus on tire, plus l’objet est serré ; à l’inverse, il ne serre plus l’objet lorsque l’on relâche la tension, il ne peut donc servir à tenir un objet si l’on ne garantit pas la tension. Ce type de nœud peut provoquer une strangulation et peut donc se révéler dangereux. Si l’on désire éviter cet effet de strangulation, on a recours un à nœud de boucle fixe comme le nœud de chaise. »

La Diaspora haïtienne doit présenter des excuses au peuple haïtien en son entier pour ce faux-pas qu’elle est en train de commettre.

De Bâton rouge Louisiana à Port-au-Prince, l’observatoire haïtien aurait besoin d’une corde pour saisir les têtes qui se sont préparées à jouer leur jeu de dupe dans le déroulement des intentions formulées. Ce n’est pas la première et ce ne sera certainement pas la dernière fois que des instances internationales utilisent des têtes creuses pour se prononcer sur la situation haïtienne. Depuis toujours elles manifestent un certain intérêt quand il s’agit de catastrophe incontrôlable, mais jamais elles n’ont apporté une solution durable ou définitive lorsque l’occasion se présente. Haïti n’est pas une préoccupation pour la communauté internationale et ses oligarques corrompus qui profitent largement de ses déboires.

Ce qui se passe à Bâton rouge n’est qu’un exercice de récupération de tous les accords pour aboutir à une expression colonialiste formelle de l’intendance étrangère. Les haïtiens, contrairement à ce qui se dit et ce qui se fait en apparence du côté de l’étranger, pour ces intendants, n’ont pas le droit de trouver tout seuls la solution à leurs problèmes. Il faut toujours trouver un moyen de noyauter ou même noyer dans certains cas leurs tentatives d’indépendance. Si ce n’était le cas, les accords déjà signés auraient suffi à donner l’élan nécessaire pour la refonte de l’État haïtien qui en cours de route pourrait bénéficier du support international dans son évolution vers le mieux. Cette forme d’ingérence est en même temps la cause et l’instrument de tous les échecs haïtiens.

Admettons que les accords déjà entérinés ne soient pas parfaits, pourquoi ne pas les réexaminer, les renforcer et les accompagner en tant que document, même préambule, au profit des cerveaux qui les ont produits ? D’un revers de la main, ne pas les entériner et prétendre pouvoir construire un accord plus intelligent, qui répondrait au mieux aux besoins de l’ensemble des haïtiens, est une entreprise audacieuse et impertinente que la société haïtienne à travers son élite pensante condamne avec la plus grande rigueur. Les haïtiens de la Diaspora font partie de l’ensemble des biens d’Haïti. S’ils veulent jouer un rôle plus actif et effectif dans la politique haïtienne, ils n’ont qu’à reconnaître d’abord les valeurs et les efforts de leurs pairs pour ensuite les accompagner dans leur quête de solution définitive à ce propos. A aucun moment ils ne devraient se substituer, surtout avec l’appui de l’étranger, aux desideratas politiques locaux et se donner des droits d’outre-mer à saveur de prétention. Les haïtiens qui sont demeurés coincés sur l’Île et qui se sont battus contre toutes sortes d’adversités doivent être reconnus comme les premiers décideurs de ce qui concerne leur présent et leur avenir. Ensuite vient la Diaspora. En appel si nécessaire vient la communauté internationale, dans un esprit de coopération juste, dans le respect des normes et des principes de droit et de devoir internationaux.

La Diaspora haïtienne pour bien se situer par rapport aux débats en cours, en vue de contribuer à une solution définitive aux problème d’Haïti, doit se mettre à la remorque et présenter des excuses au peuple haïtien en son entier pour ce faux-pas qu’elle est en train de commettre. Sinon, appliquons le nœud coulant de DEFI, sans réserve aucune, à tout nouvel accord, quel qu’il soit; et rapatrions nos accords suspendus, au nom d’Haïti.

16 Décembre 2022
Mike Joseph