L’ÉTAT HAÏTIEN ASSOCIÉ AUX GANGS

L’ÉTAT HAÏTIEN ASSOCIÉ AUX GANGS
pour l’occupation d’Haïti

Deux ans de crimes, d’assassinats, de kidnappings, d’exécutions, de vols, de violences à ciel ouvert et de pleurs incessants. Le gouvernement haïtien s’est déclaré impuissant face aux exactions des bandits; En plus, le chef de l’État lui-même en est sorti victime, meurt criblé de balles et mutilé. L’État ne trouve toujours pas motif à se constituer défenseur des droits et libertés, de la sécurité publique et du bien être-social. A vue d’œil, il ne se donne aucun moyen de résoudre ce problème, au point que la population entière reste confinée car chaque jour de nouveaux cadavres ou de nouvelles victimes font grimper le nombre des disparus. N’y a t-il pas là assez d’éléments pour nous convaincre que cette insécurité généralisée est une affaire d’État, nouvellement introduite dans la gestion de la chose publique et politique, au profit d’un tiers, soit natif, soit externe ? Si l’état n’était pas complice, le chef de gouvernement n’aurait-il pas fait appel à la population pour accompagner les policiers dans leur fonction, là où il trouverait suffisamment de moyens pour mettre fin à l’insécurité. Permettez que je prenne un exemple.
Sous feu François Duvalier, ce président à qui la vindicte populaire montée de toutes pièces attribue tous les malheurs d’Haïti, parce qu’il avait fait appel à la population pour mater les forces armées d’Haïti, seulement une frange avait été recrutée, et son règne de paix a duré trois décades; j’ai connu un pays où celui et celle
qui voulaient s’affranchir du dispositif banal de l’occupation avaient le choix entre le drapeau national, le noir et rouge, soutenu par un vestimentaire bleu, ou foutre le camp pour l’outre-mer. Malheureusement, faute de vision, le plus grand nombre, moi inclus, s’est laissé compromettre par le travail souterrain des éternels ennemis d’Haïti, et a abandonné ce si beau pays, ce paradis, pour l’enfer des rives trompeuses de l’exil. Près de quarante après, déçus des conditions dans lesquels ils vivent, tous nous voudrions retourner chez nous. La nature ayant horreur du vide, frustrée, l’a comblé de ces déchets que Duvalier voulait nous épargner: les gangs armés, des va-nu-pieds sans drapeau et sans vertu. Vêtus de guenille, ils se disent révolutionnaires et accompagnent l’État à leur profit. Ils portent toutes les couleurs de l’oppression, sauf le bleu de jadis.
Les ennemis jurés de Duvalier, moi innocemment inclus, diront que c’était la paix de cimetière. Mais comparée à ce qui se passe aujourd’hui, dans cette paix de cimetière tout le monde vaquait librement à ses occupations. Qui mieux est, l’ordre et la discipline régnaient. Les rues étaient propres, parce qu’il y avait un homme à la tête d’un pays, de l’État; Un dictateur, mais un citoyen responsable et conscient de sa mission de chef d’État. Il a dirigé avec un bras de fer, parce que de l’avis de tous, vu les conditions dans lesquelles est né Haïti, l’haïtien n’est pas encore formé pour la vraie démocratie. C’est justement à partir d’une tentative d’ouverture sur la démocratie qu’Haïti a perdu son équilibre sociétal.
Est-ce pourquoi, si la dictature fait répugnance, de gré ou de force il faudrait la réinventer, mais à partir d’une formule plus éclairée où les hommes de loi et d’autorité, à tout jamais unis, trouveraient un consensus pour l’inscrire comme baromètre politique dans la charte fondamentale de la République. Ainsi, tous chefs d’État et de gouvernement haïtien n’auraient plus à se justifier lorsqu’il s’agirait de prendre des dispositions extrêmes pour corriger les déviations mentales et politiques de la société haïtienne. Tant que de telles dispositions ne seront prises, pour mille ans encore Haïti se retrouvera toujours dans le chaos. Car, le comportement politique de l’homme haïtien est une conséquence directe de l’esclavage, de la colonisation et de l’ingérence étrangère. Nous devrions accepter d’être ce que nous sommes : des esclaves libres. Il nous faudra toujours un chef aux poignes d’acier, à l’exemple de François Duvalier, mais moins rétrograde, plus civilisé et plus cultivé. Car, si Duvalier avait procuré un minimum d’éducation et d’instruction aux macoutes, je serais l’un d’entre eux, et sûrement vous aussi, au nom d’Haïti. J’ai la nostalgie du drapeau noir et rouge, sous lequel j’obtempérais noblement lorsqu’il fallait chaque matin le hisser au mât. Haïti existait encore en ce temps là. Et vous, qu’en pensez vous ?

Je Plaide
20 Janvier 2022
Mike Joseph