AUX PORTES DU PARADIS

AUX PORTES DU PARADIS
Enfin j’aimerais que tu sois vraie, honnête et sincère

L’École est une mine de sagesse. Bien entendu, ici on parle de l’école de la vie, où on a le choix d’apprendre entre les bonnes et les mauvaises manières, de choisir ou non ce qui représente le mieux les valeurs sûres : le savoir, la connaissance, la science et les vertus cardinales ( la prudence, la tempérance, la force d’âme et la justice).
Tu es belle et très intelligente. Tu joues très bien le jeu des tourtereaux, mais en es-tu vraiment une?
Je vois dans tes yeux, de l’amour vif, un grand besoin d’aimer et d’être aimée; dis-moi, sais-tu combien tu me ferais de la peine si je tombe amoureux de toi, et que pour toi je ne serais pas l’homme de ta vie ?
Habituellement les femmes comme toi, chaudes, entregents, aimables et sentimentales à l’extrême, demandent beaucoup de ceux qu’elles aiment, tellement que cela ne dure souvent qu’un matin. Après, sans se soucier de la dépouille qu’elles laissent sur leur passage, elles se mettent à la recherche d’un autre cœur léger, toujours pour leur besoin d’affection, de volupté insatiable et de caresse infinie. Tout en étant honnête, c’est plus fort que toi. Tu iras te blottir dans les bras d’un autre pendant que mes pleurs, elles, ne cesseront jamais. Pris dans ton filet, comme moi je le suis déjà mais refuse de l’admettre devant toi, le prochain après moi, ainsi que tous les autres à venir, ils seront tous mis à genoux implorant ton secours. C’est plus fort que moi de résister davantage à ton regard percutant et si persistant. Déjà je me demande qu’adviendra t-il de moi, cédant le pas à ton appât. Amoureux, fou de toi, me voici. Au moment le plus inattendu, le plus troublant, tu n’auras qu’un seul mot à la bouche, tu me diras : « Je regrette, je suis désolée » Adieu !
Je t’ai donné ma vie, j’ai espéré pouvoir te combler, mais à l’évidence soupçonnée me voici livré au mot de la fin.
C’est si facile pour toi de dire je regrette, du fait que tu sais déjà qu’un autre après moi se mettra à genoux pour que tu le tiennes dans tes bras. De fleurte en fleurte, ainsi tu consommes ta jeunesse et celle des autres que tu séduis. Cette jeunesse enrobée de je t’aime, où tombent les hommes comme des papillons ayant perdu leurs ailes après avoir butiné ta rose, est si indifférente aux appels de secours. Je te demande une dernière chose, une dernière fois : quand tu ne trouveras plus personne pour te dire je t’aime, accepteras-tu de moi un dernier je t’aime, celui que je t’offre à l’instant et qui ne périra jamais. Car le jour viendra où des plis surgiront sur nous deux, et les « je t’aime » s’en iront dans les rêves qui jadis étaient pleins de fraîcheur. Ce jour là en guise de fraîcheur, c’est le froid de l’âge qui marqueront nos pas. Pétri de désarroi, à la porte de ton cœur je frapperai encore. Fais-moi rentrer, tire-moi du parvis, le parcours était trop long.
Sur le grand canapé j’attendrai ton réveil. Tu n’auras qu’à citer les deux premières lettres de mon nom, et j’accourrai dans ton lit de repos.

Prend ce dernier bouquet, butine autant que tu le peux. Je me contenterai de la rose fanée. Je ne la laisserai pas tomber, j’en ferai un bouquet, un décor à l’entrée du paradis. Enfin nous deux !

28 Janvier 2022
Mike Joseph