« QUI VEUT LA PAIX PRÉPARE LA GUERRE »

« QUI VEUT LA PAIX PRÉPARE LA GUERRE »

Avec qui ? Contre qui ?

Cette vieille formule machiavélique, déjà appliquée et « réussie » par le docteur François Duvalier, a repris son petit bonhomme de chemin dans la tête d’une grande majorité d’haïtiens. Quoique les résultats obtenus par Duvalier lui avaient assuré une longévité certaine, en collatéral ils furent catastrophiques sur le plan social, économique, politique et humanitaire, au dépend des haïtiens et des haïtiennes eux-mêmes. La classe politique et un nombre incalculable d’éléments de la classe moyenne sont convaincus que l’élimination physique d’une certaine catégorie d’homme est le seul moyen pour Haïti de sortir du chaos. Hitler en avait fait autant, sinon pire, 6 millions de morts. Quelle catastrophe ! Qu’en est-il du résultat obtenu ? les juifs survivants se sont éparpillés à travers le monde et ont montré leur intelligence en devenant le pilier du pays le plus riche de la planète. En final, Hitler s’est tiré une balle dans la tête, preuve qu’il n’a pas eu gain de cause et s’est révélé fou à lier. Serions-nous prêts à commettre une telle folie, en collectif, alors que nous sommes pourvus de données sur ce genre de réflexe, que le jeu ne vaut pas la chandelle ?
François Duvalier avait réussi, avec les macoutes qu’il a créés, à mettre au pas ses turbulents ennemis. Mais de là, la société haïtienne prise de cours, s’est retrouvée plus divisée que jamais, parce que cet endoctrinement n’était que tyrannique et n’avait reçu aucune dose de formation académique, que la répression comme moyen de persuasion. Si les macoutes avaient été éduqués, comme force représentative de la nation haïtienne en vue de sauvegarder les acquis historiques et révolutionnaires, au lieu de répondre uniquement à l’appétit de grandeur d’un tyran, Haïti aurait accompli la mission historique pour laquelle ont combattu les héros de l’indépendance. C’est ce même appétit, cette soif de sang, inoculé dans l’âme haïtienne par les ennemis de la liberté, qui voit le jour et porte une autre fois les haïtiens à vouloir commettre l’irréparable.
D’emblée, soyons fermes dans notre position, disons haut et fort que c’est une pilule raciste et lapidaire, contre-productive et fratricide, montée de toutes pièces par les ennemis intérieurs et extérieurs; contre l’haïtien, afin qu’il arrive à se détruire lui-même sans l’intervention d’un voisin ou de la puissance étrangère sous laquelle domination se trouve Haïti depuis 1915. La voix de la raison doit se faire entendre et le chemin de la vraie démocratie devrait être soutenue en vue d’obtenir des résultats pérennes sur lesquels jusqu’à présent le peuple haïtien ne s’est jamais penché ou n’a pas encore eu le bonheur de connaître. Durant ses 218 années de conquêtes historiques marquées de bouleversements cruels, à aucun moment de la durée Haïti ne s’est retrouvée libre en tant que nation indépendante, pour jouir de sa souveraineté. À cause de ces frondes permanentes engendrées par l’ingérence étrangère et régulièrement alimentées par la classe dominante, la politique haïtienne est une gageure prisée par la société civile, comme acteur-spectateur, où l’effervescence frise l’hystérie, au point que la paix est devenue une denrée presqu’inaccessible. Comme avec la borlette, les risques et les pertes sont élevés pour chacun et pour tous, et le goût du jeu force à miser. En fin de compte, le seul gagnant est le maître du jeu. En passant, il faut souligner que l’un des hommes les plus riches d’Haïti, selon les rumeurs, grand propriétaire de borlette, s’est porté candidat à la présidence, et personne ne l’a dénoncé comme source de malheur pour le peuple haïtien qu’il appauvrit à partir de sa borlette addictive.
Nous disons non à l’instinct pervers, d’invoquer le démon de 1957, et proposons en lieu et place un protocole d’éducation civique de haut niveau, qui permettrait aux haïtiens et haïtiennes de se retrouver frères et sœurs, au profit de la nation, malgré les graves divergences fondamentales et suicidaires. Cette campagne de rééducation à haute intensité de main d’œuvre devrait faire partie de tout projet de société, civil et/ou public.
Non à la déviation mentale, à cette soif de sang, à cette formule démagogique et suicidaire voulant que la paix s’obtiendrait par la guerre entre nous. S’il y a une guerre à mener, elle devrait être dirigée contre nos éternels ennemis, ceux qui se disent nos amis mais ne veulent point nous reconnaître comme un peuple libre à part entière.
Nous voulons que la paix règne dans tous les foyers. Pour ce faire, mettons-nous au travail afin que cela ne soit pas un rêve, mais plutôt un idéal ferme et convaincant dans toute l’acception du terme.

L’empreinte de DEFI, votre passerelle politique à tout instant, c’est le rehaussement des acquis révolutionnaires à partir d’un cadre de réhabilitation et de rapprochement des valeurs ethniques.
Telles sont notre conviction et notre foi profonde.

06 Février 2022
Mike Joseph