LE BRUIT DU SOLEIL

LE BRUIT DU SOLEIL

La brise me dit doucement à l’oreille
que le lointain n’est pas fait uniquement de silence
comme le prétend l’horizon.
Le vacarme du vent là-bas ne tient pas de distance
entre les rayons proches.
La pluie qui tombe en grêle scintille de boules en feu
aussi grosses qu’un ballon aux couleurs de rosée.
Tenté de faire une tête, je m’y abstiens toutefois
lorsque ravisé je me suis rendu compte
qu’à chaque tombée tout disparaît en fumée.
Noirâtres et rouges au passage, elles m’épargnent de justesse
qu’une fois chrétien, j’aurais dit que c’est l’entrée de l’enfer.
À force d’y pénétrer le temps frais me revient
ce qui me renvoie au souvenir de notre éternité.
Las je me réveille soudain d’une secousse d’orage
où j’entrevois dans l’ombre le mât d’un cocotier.
À temps je me suis tourné d’un bond miraculeux
lorsque à un pas de mesure une noix sèche tombe auprès de moi
et remplit de poussière le tapis-sable de mon lit.
Quelques gouttes de mer, pour se faire généreuses,
m’ont sitôt rafraichit, que là aussi il y a des saisons
chacune un peu plus longue pour remplacer l’hiver
effacée d’un quart des douze mois habituels.
Difficile pourtant de savoir laquelle d’entre elles
est-ce l’été, l’automne ou le printemps
qui nous flatte les joues et les sens découverts.
Rien n’est moins sûr, car le temps d’un clin d’œil
tout peut basculer d’une saison à une autre
mais jamais, plus jamais ne reviendra celle de l’hiver.
Je vous annonce qu’enfin existe vraiment le paradis
le lieu idéal, cette terre promise
où les vivants gardent toute leur fraicheur
et où les roses que l’on aime tapissent tout le chemin.
Nul besoin de prendre le bateau pour faire une plongée sous-marine
pour faire une cueillette de poissons roses ou multicolores.
Drôle de phénomène, ils laissent leur refuge heureux de tous nous accueillir.
À peine quelques secondes de leur sortie heureuse
ils se font grillés à cœur joie, cuits et prêts pour la consommation
et palpitent de plaisir dans nos palais gloutons.
Ces repas croustillants de poissons aux noix de coco
si nourrissants et remplis de saveur exotique
qu’un seul dîner suffit pour toute une journée.
À la nuit tombée, souvenez-vous-en, puisque je vous le dis
sans remords un cœur joyeux tient mieux qu’un bon souper.
Ne soyez plus inquiets, le lointain n’est que leurre
c’est mille fois plus serein que cette vie d’inquiétude
où tout n’est que chimère et passage obligé.
Dès que l’on traverse les limites des trois-quarts de printemps
« Vivre que diable », c’est çà notre courroux.
Car tout en résumé n’est que sable mouvant.

21 Septembre 2022
Mike Joseph