JE CROYAIS AVOIR TARI MES PLEURS

JE CROYAIS AVOIR TARI MES PLEURS
les voilà qui reviennent

C’est arrivé un soir de printemps, la saison préférée des mélomanes,

celle qui ressemble comme deux gouttes d’eau à sa demi-sœur jumelle. L’automne, aussi jolie qu’elle soit, avec ses fleurs jaunes et souvent grenade, cette demi-sœur qui donne froid au dos, celle qui annonce le déluge blanc…

On frappe à ma porte, je sursaute ???
Étrangement un zeste de lumière me dit
que ce jour-là n’est pas comme hier, pas comme les autres.

Arrivé à l’endos de ma porte, avant d’ouvrir,
j’ai remarqué qu’elle était légèrement entrouverte d’un pouce.
Curieux détail, car jamais je ne la laisse ouverte.

Se trouve sur le parvis, un homme de belle allure,
habillé tout de blanc, la couleur préférée des bourgeois et des princes.

Surpris par cette visite inattendue, je demande qui c’est ?
D’entrée de jeu, avant mêmes les salutations d’usage :
Il me dit ceci : n’ayez aucune crainte. Je suis ALBERTINI.

Je viens de très loin pour te voir,
je t’invite à une rencontre que tu ne peux refuser.
Viens chez moi ce soir à neuf heures ; je t’envoie mon chauffeur.

Il sourit et tire lui-même ma porte de l’extérieur. Quel culot !
Le temps de réagir, Il avait disparu.
ALBERTINI, mon œil. J’en ai rien à foutre.

On ne s’introduit pas ainsi dans la vie de quelqu’un.
Cet homme d’un ton direct et jovial,
qui ne m’aie pas laissé le temps de lui demander pourquoi, je l’aurai.

Il avait disparu. Oui. Sans souci, il est parti sans laisser de trace.
Me laissant perplexe, et tout à fait vidé de mon égocentrisme.

Neuf heures tapant, la sonnette retentit. J’accoure pour ouvrir,
prêt à lui dire ce qu’Abraham dit à son bœuf, quand il est en colère.

Encore, la porte d’entrée était déjà ouverte à un degré de la fermeture.
Se tient là devant moi, un géant de plus de six pieds, habillé comme Crésus.

Aussi souriant, il me dit ceci :
Monsieur le Prince et Madame la Princesse vous adressent leur volonté
de bien vouloir me suivre, car la famille et toute la villa vous attendent.

Merde ! À voix étouffée. Mais qui êtes-vous ?
Je n’en sais rien, Monsieur. Suivez-moi s’il vous plait.
Sourdement, je me questionne et l’invective.

Monsieur le Prince, Madame la Princesse. Mais j’en connais pas, moi !

Vu la beauté et l’ampleur du spectacle, curiosité oblige,
déjà habillé moi aussi comme un Prince, je ferme la porte derrière moi.
Rassuré cette fois-ci, qu’elle était bel et bien fermée. En route.

Une Lamborghini ! of course, le nom l’indique. Albertini ?

Je monte dans la voiture, quand soudainement le chauffeur se penche
et il me dit gentiment : bienvenu dans le monde des Princes.

Quelle affaire ! Je ne trouve plus de mot pour mon cas.

Tout ébahi par le luxe ambiant, dans ce lustre nouveau et effarant,
séparé de mon chauffeur qui ne fait que sourire,
je ne peux dire mon émoi, lorsqu’en quelques secondes
la voiture roulait déjà à une vitesse dépassant la limite de l’aiguille.

Ne pouvant rien dire à cause des vitres blindées qui nous séparent
je luis fais signe de ralentir, mais brusquement la voiture s’était arrêtée
On était arrivé. Rêve ou réalité ? Je m’en fous, pas de retour avec celui-là.

Un nuage de douce fumée au parfum d’acacia
s’empare de mes narines et me plonge dans l’absent.
Le temps d’un soupir, me voilà dans les bras de Morphée.

D’un réveil anxieux, trois jolies créatures
Effectivement belles comme Morphée, supposément la déesse du sommeil.

elles m’ont pris par le bras, et m’ont conduit à travers les allées
où je me laissais aller, sans plus d’inquiétude.
Plus rien dans mon esprit ne me tourmente.
Je me vois dans le paradis. Ça ne peut être que ça. C’est cela le paradis.

Je vivais le vide conscient de toute mon existence,
du jour où je suis né, à celui du moment.
je ne sais plus qui je suis ni ou je vais. Je ne veux plus rien savoir.
Tout ce que je sais, c’est que ça va être la plus belle fête de ma vie.

Entouré et captif de ces trois femmes que je viens de reconnaitre
telles que décrites chez nous, comme étant les trois femmes d’Égypte,
la fortune m’a souri ; ça suffit.

Dans mon rêve perdu, j’entends la voix de d’ALBERTINI qui me dit :
Je vous l’avais bien dit jeune homme.
Ne craignez rien, vous êtes en de bonnes mains.

J’ouvre les yeux pour m’assurer que c’était bien lui,
car on était tous nus, comme Adam et Eve en triplet dans le jardin d’Éden.

Dans le noir de la nuit, rien n’était perceptible.
Où sont passées ces roses et ces lilas sans fin qui me servaient de lit ?
Et le château perché au sommet des nuages silencieux remplis de mystères.

Oh non ! Je n’aurais pas dû.
Les yeux enfin bien ouverts me font revenir sur terre
où la vie ne ressemble guère à ce que le rêve nous enseigne :
L’au-delà est la place idéale pour celui qui aime rêver.

22 Octobre 2022
Mike Joseph