À CEUX QUI NE SERONT PLUS AVANT OU APRÈS MOI

Bientôt ou plus tard, avant ou après moi
songez à laisser quelque chose
afin que demain ne ressemble à hier ou aujourd’hui.
Que nos mains glacées rafraîchissent la mémoire des passants
lorsque invisibles elles serrent les leurs.
Que les baisers volés leur rendent un peu d’amour
sans qu’ils sachent pourquoi, mais changent pour le mieux.
Avez-vous vu ces heures et ces jours
le chagrin inutile qu’a vécu la vieillesse
des années de tortures qu’a subies la jeunesse ?
Qu’avez-vous de magique en votre âme et conscience
à leur dire, à offrir au passage, question d’économie
qu’à leur tour elles pourront échanger contre un meilleur traitement.
Les universitaires ne sont plus des repères
qui comme jadis rendaient gloire à l’esprit.
Ils n’ont que faire du Droit ou de la moralité
qu’ils achètent à coup de force aux érudits pervers.
Parler à longueur de journée, c’est la mode à présent,
c’est plus jouissif que de s’atteler aux corps à corps que réclame la vertu
celle que la morale suggère, celle qu’a cru pondre l’excellence
de sermonner tout le monde, excepté soi-même.
À ceux qui partent à l’heure, quel est votre dernier mot
entre le conscient stérile et le souffle affaibli
pour ces millions de gens qui gagnent le désespoir
aux frontières inconnues des pays émergents
qui ne sont que mirages pour le reste du monde.
Moi, je leur dis déjà qu’à ma nouvelle adresse
est écrit en trois mots ce qu’ils doivent tous savoir
qu’ici-bas TOUT EST ILLUSION.
N’ayez pas de souci, ne faîtes pas trop de dettes
au point irréversible de ne vivre que pour elles.
C’est bien beau un château, mais à quoi sert-il une fois en ruine
trop grand pour dormir, trop petit pour courir
quand d’une fausse réclamation un fossoyeur verreux
au nom des héritiers le réclame pour lui seul.
Le souffle me manque déjà, c’est l’heure du recueillement
si vous ne m’entendez plus, c’est que je suis en route
vers le ciel promis loin de tout bruit
de toute rêverie, de toute attribution sauvage.
Qu’il est bon ce voyage vers l’éternité
l’étape finale qui met fin au supplice
tant soit peu la richesse au Royaume divin.
Cavez, cavez, cavez, autant que vous le pouvez
bientôt la nuit tombée le palais des festins
ne sera plus de goût pour les lèvres séchées.
Ce passage obligé, Dieu merci, n’est qu’un rêve inutile
Imaginons en gros s’il était pour toujours
une vie éternelle avec tant d’incongrus.
Adieu et bonne route les amis, vous qui ne serez plus
avant ou après moi.
27 Octobre 2022
Mike Joseph